
À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée ce 3 mai, Cellou Dalein Diallo tire la sonnette d’alarme sur la situation des médias en Guinée. Dans une déclaration rendue publique, l’opposant politique dénonce une détérioration continue de cette liberté fondamentale, qu’il juge désormais alarmante.
S’appuyant sur les données publiées par Reporters sans frontières (RSF), il souligne une chute progressive du pays dans le classement mondial de la liberté de la presse. « La Guinée est passée du 78e rang en 2024 au 103e rang en 2025, puis au 111e rang en 2026 », rappelle-t-il, y voyant le signe d’un recul significatif.
Selon lui, cette régression s’explique par « une multiplication des atteintes à la liberté d’informer », notamment des censures arbitraires, le brouillage de signaux, les restrictions d’accès à certains sites d’information indépendants, ainsi que des pressions constantes exercées sur les professionnels des médias.
Dans son analyse, Cellou Dalein Diallo met également en cause le rôle de la Haute Autorité de la communication (HAC). Il estime que l’institution, censée garantir l’équilibre et la régulation du secteur, « se comporte plutôt comme un instrument servile des autorités », accusée de sanctionner les voix critiques et de freiner le pluralisme de l’information.
L’ancien Premier ministre évoque par ailleurs un climat qu’il qualifie de « délétère » pour les journalistes. Il affirme que ceux qui tentent de préserver leur indépendance sont exposés à diverses formes de pressions, allant des intimidations aux suspensions, en passant par des poursuites judiciaires et des condamnations qu’il juge arbitraires.
Dans ce contexte, il estime que de nombreux professionnels des médias sont contraints soit de se taire, soit de quitter le pays. Il cite notamment le cas du journaliste Babila Keïta, dont le père aurait été enlevé et reste porté disparu depuis plusieurs mois, en raison des prises de position critiques de son fils depuis l’étranger.
Face à cette situation, Cellou Dalein Diallo appelle à une « prise de conscience urgente » ainsi qu’à une mobilisation collective pour restaurer la liberté de la presse en Guinée. Il rappelle que celle-ci constitue « un pilier essentiel de la démocratie et de l’État de droit ».
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
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Last modified: 3 mai 2026





