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Retraits, recours et retour dans la course : le parcours controversé du FRONDEG

14 mai 2026

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Le 31 mai 2026, les Guinéens éliront leurs députés ainsi que les différents conseillers communaux sur l’ensemble du territoire national. Le processus électoral a été marqué par le va-et-vient du Front démocratique de Guinée (FRONDEG).

Son leader, Abdoulaye Yéro Baldé, est perçu par certains comme un novice en politique et par d’autres comme un stratège difficile à cerner. Ses prises de position, souvent jugées ambiguës, alimentent les interrogations au sein de l’opinion publique.

La candidature d’Abdoulaye Yéro Baldé à la dernière élection présidentielle avait surpris de nombreux observateurs. Le grand public a découvert sa participation au scrutin le jour même du dépôt de son dossier de candidature à la Cour suprême. Pourtant, avant cette étape, l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur sous le régime d’Alpha Condé présidait régulièrement des réunions de sa formation politique à Lambanyi.

Durant cette période, il est resté silencieux sur plusieurs sujets liés à la vie nationale, alors que de nombreux acteurs politiques prenaient position, formulaient des critiques ou proposaient des solutions.

Après la proclamation des résultats du premier tour de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, qui lui attribuaient 6,59 % des suffrages, Abdoulaye Yéro Baldé a contesté ces résultats et annoncé un recours devant la Cour suprême de Guinée. Il a effectivement déposé, le 2 janvier 2026, un dossier détaillant ses griefs contre les résultats provisoires proclamés par le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, à travers la Direction générale des élections, le 30 décembre 2025.

Cependant, au lendemain du dépôt de ce recours, soit le 3 janvier, Abdoulaye Yéro Baldé a adressé un second courrier à la Cour suprême pour se désister. Un retrait qu’il n’a jamais évoqué publiquement, contrairement à sa contestation initiale largement médiatisée.

C’est lors de la proclamation des résultats définitifs par la Cour suprême, le 4 janvier, que l’opinion publique a découvert que le candidat s’était finalement désisté de son recours. Cette situation a soulevé plusieurs interrogations : pourquoi ce désistement ? Quelles en étaient les raisons après le dépôt du recours ? Pourquoi ce silence autour de cette décision ?

Après cet épisode présidentiel, Abdoulaye Yéro Baldé et le FRONDEG ont de nouveau attiré l’attention durant le processus électoral en cours. Le parti a présenté une liste nationale ainsi que des candidatures dans plusieurs circonscriptions uninominales et plurinominales en vue des élections législatives du 31 mai.

Certaines listes du FRONDEG ont cependant été rejetées par la DGE. Le parti a alors saisi la Cour suprême. Dans son arrêt portant publication des listes définitives pour les élections législatives du 23 avril 2026, la haute juridiction a rétabli le FRONDEG dans plusieurs circonscriptions électorales.

Concernant les élections communales, plusieurs listes du parti ont également été rejetées dans différentes communes du pays. Le FRONDEG a alors introduit des recours devant les tribunaux de première instance compétents.

Sans attendre les décisions de ces juridictions, le 28 avril dernier, le FRONDEG a annoncé son retrait des élections législatives et communales prévues le 31 mai 2026. Le parti dénonçait des irrégularités qu’il affirmait avoir constatées depuis le début du processus électoral.

Mais quelques semaines plus tard, changement de position : le 11 mai, le FRONDEG est finalement revenu dans la course aux élections législatives et communales. Une volte-face qui continue d’alimenter les débats au sein de la classe politique et de l’opinion publique.

Abdoulaye Yéro Baldé a préféré laisser ses proches collaborateurs défendre ce revirement devant les médias, alors même que l’information circulait déjà dans plusieurs organes de presse avant son officialisation.

Officiellement, le parti explique son retour par le rétablissement de certaines de ses listes par la justice, les assurances données par la DGE sur la crédibilité des scrutins, ainsi que par des négociations menées en interne et en externe pour convaincre le FRONDEG de revenir dans le processus électoral.

Toutefois, en dehors des formations politiques engagées dans la compétition, le parti n’a pas précisé quels acteurs ont participé à ces discussions ni au nom de quelles institutions ou personnalités elles auraient été menées.

Désormais de retour dans la course électorale, le FRONDEG sera attendu sur ses résultats après le scrutin du 31 mai prochain. Reste à savoir si ce retrait suivi d’un retour constituait une véritable stratégie politique destinée à renforcer son poids électoral.

Bhoye Barry pour guinee7.com

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Last modified: 14 mai 2026

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