
À environ 60 kilomètres de Kankan, le district de Banko, dans la sous-préfecture de Moribaya, est frappé pour la troisième fois en peu de temps par des vents violents et dévastateurs. Des dizaines de maisons détruites, une école en ruine, des plantations ravagées : les habitants font face seuls à une crise qui s’installe, sans réponse des autorités malgré des alertes répétées.

Pas de morts. Mais tout le reste, ou presque, a été emporté par le vent.
Une tempête de trop
Vendredi dernier, un vent violent a de nouveau balayé Banko, détruisant des dizaines de maisons et endommageant gravement l’unique école du village. Ce n’est pas la première fois. Ce n’est pas non plus la deuxième. C’est la troisième fois, en quelques mois seulement, que cette localité subit des intempéries d’une telle violence, à la veille d’une saison des pluies qui s’annonce déjà redoutable.
Oumar Traoré, président du district, dresse un bilan qui se cumule d’une tempête à l’autre.
« L’année dernière, 60 maisons ont été détruites, y compris l’école française et l’école franco-arabe. Nous avons réparé avec nos propres moyens, mais certaines parties restent encore à réhabiliter », explique-t-il. Avant même d’avoir pu achever les réparations, les nouvelles tempêtes ont tout aggravé.
Des destructions sans précédent
L’ampleur des dégâts dépasse cette fois-ci les simples toitures arrachées. Des constructions en dur, censées résister, ont été emportées. Le président du district en témoigne avec une amertume à peine voilée : « Ma maison en briques a été détruite, alors que nous y avions investi plus de 200 sacs de ciment. »
Les plantations, les espaces publics et les routes n’ont pas été épargnés. « Plus de 20 hectares d’acajous ont été ravagés, et même de grands arbres ont été déplacés sur près de 100 mètres », rapporte Oumar Traoré.
À l’approche du marché hebdomadaire, les axes du district se sont retrouvés obstrués par des arbres déracinés. Les jeunes du village ont été mobilisés d’urgence pour dégager les routes, une solidarité locale qui ne peut remplacer une intervention des pouvoirs publics.
L’école : 54 élèves sous des tôles arrachées
C’est peut-être la situation la plus préoccupante sur le long terme. L’unique école de Banko, qui accueille 54 élèves répartis entre la première, la troisième et la cinquième année, est en piteux état depuis novembre 2025, date des premières intempéries. Son directeur, Naby Laye Moussa Traoré, décrit une dégradation continue. « Toutes les tôles ont été emportées par le vent. Il ne restait presque rien, même au niveau de la direction », confie-t-il.

Malgré tout, les cours n’ont pas été abandonnés. « Nous avons réussi à couvrir deux salles pour continuer les cours, mais les conditions ne sont pas bonnes », admet le directeur. Les bancs ont été endommagés, des documents administratifs mouillés par la pluie. Et lors de la dernière tempête, c’est le logement du directeur lui-même qui a été partiellement emporté, exposant une nouvelle fois du matériel scolaire aux intempéries.
Enseigner dans ces conditions relève de l’exploit. Apprendre dans ces conditions, de la résilience.
Des alertes sans réponse
Ce qui frappe dans le témoignage des responsables locaux, c’est moins la violence des tempêtes que l’absence totale de réaction des autorités. « Nous avons fait des démarches et même publié des alertes, mais nous n’avons reçu aucune aide », déplore le directeur de l’école, sans parvenir à dissimuler sa lassitude.
Le président du district abonde dans le même sens, tout en soulevant une question qui reste sans réponse : « Nous ne connaissons pas la cause de ces tempêtes. On ne peut pas dire que c’est lié à la déforestation, car la zone est entourée d’arbres. »
Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, un soulagement unanimement partagé par les habitants. Mais les dégâts matériels, eux, s’accumulent à un rythme que les ressources locales ne peuvent plus absorber.
Un appel au secours
Aujourd’hui, les habitants de Banko tendent les bras. « Nous avons les bras tendus. Nous demandons de l’aide pour sortir de cette situation », plaide Oumar Traoré, dont la voix porte bien au-delà du district.
Sans abri solide pour les familles, sans école digne pour les enfants, sans soutien des autorités pour reconstruire, le district de Banko entre dans l’hivernage dans un état de vulnérabilité inquiétant. Les tempêtes reviendront. La question est de savoir si l’aide, elle, finira par arriver.
Karifa Kansan Doumbouya, correspondant à Kankan
622 47 09 60
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Last modified: 16 mai 2026





