
Conakry- Le dossier Ministère public et Abdoulaye Bah contre Raphaël Fangamou, El Hadj Nouhou Diallo et Nema Doré a été appelé devant le tribunal de première instance de Dixinn, jeudi 9 juillet 2026. Les prévenus sont poursuivis pour des faits présumés de viol sur mineure et de complicité d’avortement sur la personne de Rouguiatou Diallo, des faits prévus et punis par les articles 19, 20, 262 et 268 du Code pénal.
À cette audience, Raphaël Fangamou est le seul prévenu placé sous mandat de dépôt à la Maison centrale. El Hadj Nouhou Diallo, inculpé au cours de l’instruction, était absent, tandis que Nema Doré est en fuite.
Selon le ministère public, un courrier a été adressé à El Hadj Nouhou Diallo, par voie administrative, afin qu’il se constitue prisonnier conformément à la loi. « Malheureusement, les consignes n’ont pas été respectées », a regretté le procureur, avant de requérir qu’une ordonnance soit prise à son encontre et que les débats se poursuivent.
Le tribunal a ainsi ordonné l’ouverture des débats avec la comparution de Raphaël Fangamou, détenu depuis le 31 octobre 2024.
À la barre, Raphaël Fangamou s’est présenté comme chimiste. « Je travaillais à la clinique de M. Nema Doré comme réceptionniste. Les carnets étaient à mon niveau. Quand un patient venait, je remplissais le carnet avant qu’il n’aille consulter le Dr Nema Doré », a-t-il expliqué.
Poursuivant sa déposition, il a déclaré : « Après sa consultation, le docteur m’a indiqué le traitement qu’elle devait suivre. Elle a dit qu’elle n’avait pas d’argent. Elle n’a payé que la consultation et le carnet. Elle est repartie, puis est revenue le lendemain, mais le docteur n’était pas présent. Elle est repartie. Le jour suivant, elle est revenue encore. J’ai informé le docteur qu’il s’agissait de la même personne. Ils sont allés dans le bureau, je ne sais pas de quoi ils ont parlé. Ensuite, j’ai vu le docteur revenir avec de l’argent qu’il m’a demandé d’enregistrer. Ils sont ensuite entrés dans la salle de soins. Après un moment, la jeune fille est sortie avec une ordonnance. Elle est partie en laissant son téléphone iPhone à la clinique. Le docteur m’a confié le téléphone. Plus tard, elle a appelé pour dire qu’elle était à Mamou et qu’elle viendrait récupérer son téléphone à son retour. Entre-temps, le Dr Nema était parti au village. »
Selon lui, Rouguiatou Diallo s’est rendue à la clinique à trois reprises. Il a précisé que l’établissement dispose d’un agrément et que son propriétaire, Nema Doré, est médecin généraliste. Le personnel de la clinique se limite, selon ses dires, à lui-même et au médecin.
Interrogé par le procureur sur l’existence d’un bloc opératoire, Raphaël Fangamou a répondu : « Il n’y a pas de bloc, mais il y a une salle de soins. » Il a également indiqué que la clinique dispose de lits destinés aux patients.
La partie civile demande un procès en chambre de conseil
L’avocat de la partie civile a sollicité la tenue du procès en chambre de conseil. « L’auteur principal n’est même pas là. On commence par le complice. Si l’on veut rendre une bonne justice, il faut commencer par l’auteur principal. On peut renvoyer ce dossier et tenir même les audiences dans votre bureau », a-t-il plaidé.
Cette demande a été soutenue par le ministère public, représenté par Fanka Oularé, au regard de la nature des faits. Initialement opposé à cette requête, l’avocat de la défense a finalement accepté que les débats se tiennent en chambre de conseil, tout en demandant la poursuite de la procédure, estimant que son client avait déjà trop souffert de sa détention.
En réponse, le président du tribunal, Mohamed Sangaré, a rappelé que, dans de telles circonstances, la loi ne prévoit pas la tenue du procès en chambre de conseil, mais plutôt à huis clos lorsque les circonstances l’exigent. Il a ainsi ordonné que l’audition de la victime, Rouguiatou Diallo, se déroule à huis clos.
Avant cette audition, la partie civile, représentée par Abdoulaye Bah, oncle de la victime, a été entendue. Dans sa déposition, il a relaté les démarches entreprises pour sauver la vie de Rouguiatou Diallo, qui, selon lui, souffrait énormément à la suite du viol présumé et de l’avortement forcé.
À l’issue du huis clos, le tribunal a renvoyé l’affaire au 16 juillet 2026. À cette date, le principal accusé présumé, El Hadj Nouhou Diallo, devrait être entendu. À défaut, le dossier pourrait être mis en réquisitions et en plaidoiries.
Bhoye Barry pour guinee7.com
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Last modified: 10 juillet 2026





