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Journée mondiale de la photographie 2026 : Moussa Moïse Sylla appelle à préserver la mémoire photographique de la Guinée

20 août 2026

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Guinée- À l’occasion de la Journée mondiale de la photographie, célébrée ce 19 août 2026 autour du thème « HOME » – « Chez soi, notre foyer », le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat rend hommage aux professionnels de l’image et souligne le rôle de la photographie dans la conservation de la mémoire collective. Dans sa déclaration, il insiste notamment sur la nécessité de préserver, numériser et valoriser le patrimoine photographique guinéen, tout en appelant à une meilleure structuration de la filière et à la protection des droits des créateurs.

 

DÉCLARATION DU MINISTRE DE LA CULTURE, DU TOURISME ET DE L’ARTISANAT À L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA PHOTOGRAPHIE 2026

19 août 2026

Thème : « HOME » – « Chez soi, notre foyer »

 

En cette Journée mondiale de la photographie, je souhaite m’adresser à toutes celles et tous ceux qui, en Guinée et à travers le monde, ont choisi de faire de l’image un métier, un art, un moyen d’expression et, surtout, une manière de raconter leur époque.

La photographie n’est jamais une simple image.

Elle arrête le temps. Elle conserve une mémoire. Elle donne à voir ce que les mots ne suffisent parfois pas à raconter. Elle témoigne de notre histoire, de nos transformations, de nos joies comme de nos réalités quotidiennes.

C’est pourquoi le thème de cette édition, « HOME » – « Chez soi, notre foyer », résonne particulièrement avec la Guinée.

Notre foyer, c’est notre pays dans toute sa diversité.

C’est Conakry et ses quartiers, nos villes et nos villages. Ce sont les paysages du Fouta-Djalon, les plaines de la Haute-Guinée, les forêts de la Guinée forestière, notre littoral, nos îles, nos fleuves et notre patrimoine naturel.

Mais notre « chez nous », ce sont aussi nos familles, nos traditions, nos cérémonies, nos savoir-faire, nos marchés, nos métiers, nos artistes, nos femmes, nos hommes, notre jeunesse et nos anciens.

Photographier la Guinée aujourd’hui, c’est contribuer à écrire la mémoire de la Guinée de demain.

Une image prise dans un quartier, un village ou un atelier peut paraître ordinaire au moment où elle est captée. Quelques décennies plus tard, elle peut devenir un document historique irremplaçable. Elle peut permettre à une génération future de comprendre comment vivaient ses parents et ses grands-parents, comment étaient nos villes, nos villages, nos vêtements, nos métiers, nos pratiques culturelles et nos paysages.

Notre responsabilité collective est donc immense : nous devons mieux conserver les images qui racontent notre pays.

L’histoire de la Guinée et de l’Afrique a déjà été profondément documentée par des photographes dont le travail constitue aujourd’hui un patrimoine d’une valeur considérable. Pourtant, une partie importante de cette mémoire demeure dispersée dans des collections privées, des familles, des studios, des institutions et parfois dans des supports fragiles exposés à la disparition.

Nous devons changer cette situation.

Identifier, collecter, préserver, documenter, numériser et valoriser notre patrimoine photographique doivent devenir des priorités de notre politique culturelle.

C’est dans cet esprit que le Ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, à travers l’ONACIG, entend renforcer son action en faveur de la photographie guinéenne.

Notre ambition est de contribuer à mieux structurer la filière, professionnaliser les acteurs, valoriser les œuvres, renforcer la protection des droits des créateurs et créer davantage d’opportunités pour les jeunes talents.

Car il faut le dire clairement : la photographie est à la fois un art, un métier, un patrimoine et une activité économique.

Derrière chaque photographie professionnelle, il y a un savoir-faire, du temps, des investissements, de la créativité et une propriété intellectuelle.

Le photographe doit donc être considéré comme un véritable professionnel de la création. Son travail doit être respecté, ses œuvres protégées et ses droits reconnus.

La transformation numérique nous impose également de nouvelles responsabilités.

Jamais l’humanité n’a produit autant d’images. Les smartphones, les réseaux sociaux, les nouvelles technologies et désormais l’intelligence artificielle ont profondément transformé notre rapport à la photographie et à l’image.

Ces évolutions constituent de formidables opportunités pour la création et la diffusion de notre patrimoine. Mais elles nous obligent aussi à défendre l’authenticité, la dignité et l’intégrité de l’image.

Nous devons apprendre à utiliser la technologie sans perdre le sens de la responsabilité.

L’innovation ne doit pas effacer la vérité ; elle doit renforcer la créativité.

À la jeunesse guinéenne, je voudrais adresser un message particulier.

Regardez votre pays.

Regardez ce qui vous entoure.

Regardez ce que d’autres ne prennent parfois plus le temps de voir.

Photographiez nos paysages, nos quartiers, nos familles, nos artisans, nos artistes, nos agriculteurs, nos pêcheurs, nos entrepreneurs, nos traditions et notre quotidien.

Documentez les changements que connaît notre pays.

Parce que la Guinée que vous photographiez aujourd’hui sera la mémoire que les générations futures consulteront demain.

Et au-delà de la mémoire, faisons de l’image un véritable instrument de rayonnement.

La Guinée possède une histoire, une culture, des territoires et des talents qui méritent d’être davantage connus. Nos photographes ont la capacité de porter ce récit au-delà de nos frontières et de contribuer à une représentation plus forte, plus juste et plus contemporaine de notre pays.

Notre ambition doit être de faire émerger une photographie guinéenne reconnue pour sa qualité, sa créativité, son professionnalisme et sa capacité à raconter notre identité tout en dialoguant avec le monde.

En cette Journée mondiale de la photographie, je rends hommage à toutes celles et tous ceux qui, depuis des générations, ont contribué à conserver l’image de la Guinée.

Aux photographes professionnels, aux photojournalistes, aux photographes documentaires et artistiques, aux photographes de studio, de mode et d’événementiel, aux archivistes, aux passionnés de l’image et à tous les jeunes qui découvrent aujourd’hui cet univers : votre travail compte.

Vous ne produisez pas seulement des images.

Vous contribuez à construire une mémoire.

Vous participez à raconter une nation.

Vous contribuez à transmettre une identité.

Et vous pouvez aussi participer à créer des emplois, des opportunités et de la valeur pour notre économie culturelle.

Le Ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, avec l’ONACIG et l’ensemble de ses partenaires, entend poursuivre ses efforts pour que la photographie trouve pleinement sa place dans notre politique culturelle et dans le développement de nos industries créatives.

Le thème « HOME » nous invite finalement à une chose essentielle : regarder ce qui nous est proche avec un regard nouveau.

Regardons la Guinée.

Regardons sa diversité.

Regardons son histoire.

Regardons ses transformations.

Regardons sa beauté.

Et surtout, donnons-nous les moyens de conserver ce regard.

Car une nation qui préserve ses images préserve une part essentielle de sa mémoire ; une nation qui maîtrise son récit maîtrise davantage la manière dont elle se présente au monde.

En cette Journée mondiale de la photographie 2026, j’adresse mes vœux de succès, de créativité et d’épanouissement à l’ensemble des photographes et professionnels de l’image de Guinée, d’Afrique et du monde.

Bonne Journée mondiale de la photographie à toutes et à tous.

Vive la photographie !

Vive la culture guinéenne !

Vive la République de Guinée !

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Last modified: 20 août 2026

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