
Conakry- Le président de la Haute autorité de la communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a apporté des précisions sur la récente correspondance adressée aux associations de presse concernant la production d’un rapport financier sur l’utilisation de la subvention accordée à la presse.
Le patron de l’organe de régulation des médias s’est exprimé sur cette question ce vendredi 28 août 2026, à l’occasion d’une conférence de presse organisée au siège de l’institution, à Kaloum.
D’entrée, Boubacar Yacine Diallo a tenu à préciser que la correspondance de la HAC n’avait pas été adressée à l’ensemble des membres des associations, mais uniquement à leurs responsables : « nous avons adresser cette correspondance aux seuls présidents des associations. Et pour eux, ce n’est pas nouveau. C’est nouveau peut-être pour ceux qui ont découvert dans la presse, mais pour les associations, ce n’est pas nouveau. »
Selon le président de la HAC, cette démarche s’inscrit dans une exigence formulée par le ministère des Finances depuis 2025. Il explique que la justification de l’utilisation d’une subvention en cours est désormais nécessaire avant le déblocage de la suivante : « avant la répartition de la dernière subvention — et c’est pour ça qu’elle avait été retardée —, c’est que le Ministère des Finances exige depuis 2025 que, pour payer la subvention suivante, il faut justifier l’exécution de la subvention en cours. »
Revenant sur les démarches entreprises lors de la précédente subvention, Boubacar Yacine Diallo affirme que les associations avaient déjà été informées de cette exigence et avaient été accompagnées dans la préparation de leur rapport : « donc, nous avions parlé avec les associations, nous leur avions demandé de faire un rapport. Ça a été très laborieux. Ils nous ont fourni des éléments et notre pôle financier les a aidés à faire le rapport. Et la subvention 2025 a été versée, donc ce n’est pas nouveau pour eux. »
« La HAC a décidé de ne pas se mêler »
Le président de la HAC a également expliqué que les associations de presse jouent un rôle d’intermédiaire dans la répartition de la subvention destinée aux organes de presse. Il insiste sur le fait que la HAC ne souhaite pas intervenir dans cette répartition : « et nous leur avions dit : vous donnez de l’argent à des organes, vous n’êtes que des intermédiaires, en fait les associations. En tant qu’association, elles ne reçoivent rien. C’est elles qui répartissent la subvention. La HAC a décidé de ne pas se mêler, parce que c’est votre argent. »
Boubacar Yacine Diallo reconnaît toutefois que cette exigence n’existait pas de la même manière par le passé. Pour lui, elle découle de l’évolution du système de gestion des finances publiques en Guinée : « mais par le passé, il n’y avait pas cette exigence. Mais la Guinée se modernise. La Guinée modernise aussi son modèle de gestion des finances publiques. »
Il précise ainsi que la demande formulée par la HAC découle directement de la nouvelle procédure mise en place par le département des Finances : « et donc, c’est une décision du Ministère des Finances. Donc, c’est dans ce cadre que nous avons demandé aux associations de nous fournir un rapport financier. »
Un rapport destiné au ministère des Finances
Pour le président de la HAC, le rapport financier demandé aux associations n’a pas vocation à servir à un contrôle de leurs activités par l’institution de régulation. Il doit plutôt être transmis au ministère des Finances dans le cadre de la demande de la prochaine subvention : « mais ce rapport financier n’est destiné qu’au Ministère des Finances et il doit accompagner la demande pour la nouvelle subvention. C’est le seul objectif. »
Face aux éventuelles inquiétudes suscitées par cette démarche, Boubacar Yacine Diallo insiste sur les limites des prérogatives de la HAC : « nous ne sommes pas un corps de contrôle de l’État, nous ne sommes pas un démembrement de la justice. Nous sommes une institution de régulation et notre rôle, c’est d’aider la presse à avoir son argent. Mais pour l’avoir, il faut faire ce rapport. »
La HAC entend par ailleurs continuer à accompagner les associations de presse dans la préparation de ce document, comme cela avait été fait lors de la précédente subvention : « et nos services, notre pôle financier est à la disposition des associations, comme l’année dernière, pour que ce rapport soit fait et que la subvention 2026 vous soit octroyée. »
En conclusion, le président de la Haute autorité de la communication réaffirme que la démarche ne constitue ni une procédure judiciaire ni une opération de contrôle, mais une formalité administrative destinée à permettre le déblocage de la prochaine subvention : « donc il n’y a pas de corps de contrôle, il n’y a pas de justice. C’est à l’usage du Ministère des Finances pour que vous puissiez avoir la subvention 2026. »
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
Last modified: 28 août 2026





