
Guinée- À quelques jours de l’entrée en vigueur annoncée de l’interdiction des plastiques à usage unique, l’Union des Producteurs d’Eaux Minérales de Guinée (UPEMGUI) appelle ses membres à prendre des dispositions pour écouler leurs stocks de sachets plastiques avant le 20 septembre 2026.
Dans une declaration lue par son président, Souleymane Fofana, à la maison de la presse de Conakry ce vendredi, l’organisation professionnelle revient sur les difficultés auxquelles les producteurs d’eaux minérales en sachet sont confrontés depuis plusieurs mois et réaffirme sa volonté de privilégier le dialogue avec les autorités.
Selon l’UPEMGUI, les producteurs sont confrontés à une situation difficile depuis près d’un an. L’organisation affirme toutefois que ses membres ont fait preuve de patience et ont respecté les procédures engagées pour tenter de régulariser leur situation. « Depuis un (1) an maintenant nous sommes dans une situation difficile qui n’a pas encore connue sa fin. Malgré tout, vous avez fait preuve de sagesse en restant serein et respectant les procédures de régularisation. De ce fait le bureau s’est battu par tous les moyens afin de trouver une sortie de crise. En continuant ce combat, soyez rassurer que le bureau ne ménagera aucun effort pour avoir un gain de cause », indique Souleymane Fofana.
L’échéance du 20 septembre
Le président de l’UPEMGUI alerte par ailleurs sur la proximité de la date du 20 septembre 2026, qui constitue, selon lui, une nouvelle étape dans cette crise. « D’ici là, dans exactement Seize (16) jours soit le 20 Septembre 2026 nous nous retrouverons dans une situation aussi compliquée que le passé. La question de l’interdiction des plastiques à usage unique est aujourd’hui un enjeu majeur pour la Guinée, sur les plans Environnemental, Economique et Social », souligne-t-il.
L’organisation tient néanmoins à préciser qu’elle ne s’oppose pas au principe de l’interdiction des plastiques à usage unique. Elle estime au contraire que la protection de l’environnement constitue un objectif partagé. « En tant que Président de l’Union des Producteurs d’Eaux Minérales de Guinée (UPEMGUI), je tiens à être clair : Nous ne sommes pas contre le décret d’interdiction qui vise d’ailleurs à protéger l’environnement. Bien au contraire. Nous voyons chaque jour les dégâts des déchets plastiques dans nos cours d’eau, nos canalisations et notre cadre de vie », affirme Souleymane Fofana.
L’UPEMGUI propose de transformer les déchets en opportunité économique
Pour accompagner cette transition, l’Union propose notamment de développer une filière de valorisation des déchets plastiques. Elle souhaite que ces déchets puissent être rachetés par des unités spécialisées et considérés comme une véritable matière première.
L’approche défendue par l’organisation repose sur trois axes : donner une valeur économique aux déchets plastiques, développer de nouvelles activités autour de leur transformation et favoriser la création de PME spécialisées dans leur collecte et leur traitement. « Valoriser les déchets plastiques en leur donnant un prix d’achat concurrentiel, acheté par des unités de transformation. Considérer le plastique comme une matière première, capable de créer de nouvelles activités et des emplois. Mettre en place progressivement des PME spécialisées dans la collecte, le tri et la transformation des déchets plastiques », détaille le président de l’UPEMGUI.
Dans cette perspective, l’organisation entend collaborer avec les acteurs déjà présents ou disposés à intégrer la chaîne de valeur du plastique : « pour les PME partenaires, l’UPEMGUI entend travailler main dans la main avec celles déjà engagées ou prêtes à s’engager dans la chaîne de valeur du plastique : collecteurs, trieuses, unités de broyage, de lavage et de transformation. Ces PME deviendront des piliers de l’économie circulaire : elles créeront des emplois pour les jeunes et les femmes, réduiront la pollution et généreront une véritable valeur ajoutée locale. Ainsi, nous transformons un défi environnemental en opportunité économique pour la Guinée. Nous ne sommes pas dans une logique de confrontation, mais de partenariat avec l’État. »
« Nous voulons une Guinée plus propre »
Tout en reconnaissant l’importance de la lutte contre la pollution plastique, l’UPEMGUI estime que la transition doit également prendre en compte les conséquences économiques et sociales liées à l’activité des producteurs d’eaux en sachet. « Nous voulons une Guinée plus propre, mais aussi une transition qui protège les emplois, les investissements et les familles qui vivent de cette activité », rappelle Souleymane Fofana.
L’organisation adresse également ses félicitations au président de la République, Mamadi Doumbouya, ainsi qu’au gouvernement, pour leur engagement en faveur du Programme Simandou 2040. « C’est pourquoi nous adressons nos chaleureuses félicitations à son Excellence le Président de la République, le Général Mamadi DOUMBOUYA, ainsi qu’à l’ensemble de son Gouvernement, pour leur vision et leur engagement en faveur de la transformation de notre pays à travers le Programme Simandou 2040. Nous réaffirmons notre disponibilité à accompagner cette dynamique nationale pour une Guinée plus forte, prospère et durable. »
Arrêt de la production et de la commercialisation à partir du 20 septembre
En conclusion, l’UPEMGUI demande à l’ensemble des producteurs d’eaux minérales en sachet d’écouler leurs stocks avant la date butoir annoncée et de suspendre ensuite leur activité jusqu’à nouvel ordre. « Pour finir dans le cadre du respect de l’autorité de l’Etat et de donner une force au bureau pour atteindre l’objectif, nous demandons à l’ensemble des producteurs d’eaux minérales en sachet, d’écouler les stocks de plastiques avant le 20 septembre 2026 et d’arrêter toute production et commercialisation des eaux en sachet sur toute l’étendue du territoire national à partir de cette date jusqu’à nouvel ordre », annonce le président de l’Union des Producteurs d’Eaux Minérales de Guinée.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
Last modified: 4 septembre 2026





