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Présidence de la FEGUIFOOT : les candidats, la campagne, et …les likes !

7 septembre 2026

Il y a une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle dans la course à la présidence de la FEGUIFOOT. La bonne : deux candidats se sont déclarés. La mauvaise : personne n’a encore trouvé où sont les 53 membres statutaires.

Premier client : Ibrahima Kalil Kaba, dit Lilou, président du Karfamoriah FC et mathématicien de formation – précision qui a son importance, on y revient. Sa candidature a été lancée sur Facebook avec la puissance sonore d’une inauguration de stade. Vuvuzela, fanfare, story à répétition. Résultat des courses après plusieurs jours d’offensive numérique : 8 soutiens statutaires affichés – retenez, affichés ! Un internaute, plus cruel que la Fédération elle-même, a résumé la situation en parlant de ‘‘membres statutaires de Facebook’’ – catégorie électorale qui, hélas pour Lilou, ne vote pas à l’Assemblée générale. Sur 53 votants, 8 acquis (ou presque), cela fait un taux de conversion qui ferait pâlir n’importe quel community manager. Le mathématicien, lui qui devrait pourtant aimer les pourcentages, découvre à ses dépens qu’un like ne pèse pas une voix, et qu’une écrasante majorité ne s’obtient pas à coups d’Atalakou.

Deuxième client : Antonio Souaré, vieux routier de la gouvernance du foot guinéen, qui n’a pas ce problème de comptage – son propre club, le Horoya AC, étant déjà acquis à sa cause, ce qui n’est jamais qu’une voix sur 53, mais au moins une voix garantie. Pour le reste, silence radio du côté des statutaires. Mais Souaré, en stratège, a visiblement décidé de sauter l’étape ‘‘convaincre les votants’’ pour s’adresser directement au sommet de l’État, dans une interview accordée – comme il se doit – à la presse ivoirienne plutôt qu’à la guinéenne. Sa demande, en substance : que le chef de l’État désigne lui-même le futur président de la Fédération, lui donne les moyens de travailler, et exige des résultats. Une vision de la démocratie sportive qui a le mérite de la franchise, si ce n’est celui de la conformité aux statuts de la FIFA, laquelle sanctionne précisément ce genre d’ingérence politique – sanction que Souaré connaît d’ailleurs personnellement, son dernier mandat s’étant achevé dans les conditions que l’on sait. Dans la foulée, il se présente en sauveur solitaire du football national : il a la vision, il a le programme, il sait comment faire. Il ne lui manque, en somme, que les voix.

Ainsi va la campagne : l’un compte ses likes, l’autre compte sur le Palais. La cinquantaine de membres statutaires, elle, n’a pour l’instant reçu ni argument ni offre sérieuse – juste le spectacle de deux hommes qui préparent leur sacre avant même d’avoir fait campagne. Pendant ce temps, les autres prétendants potentiels observent la scène avec la patience du pêcheur, sachant que la moindre bourde supplémentaire pourrait leur ouvrir un boulevard. Ils ont visiblement lu le même proverbe que tout le monde à Conakry : qui veut aller loin ménage sa monture.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

Last modified: 7 septembre 2026

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