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Examens nationaux : où sont passés les milliards collectés ? La CRIEF enquête

15 septembre 2026

Conakry – Dans une correspondance datée du 15 septembre 2026, le procureur spécial Alphonse Charles Wright a instruit l’Office de répression des délits économiques et financiers d’ouvrir une enquête préliminaire.

Les investigations portent sur des soupçons de détournement de deniers publics, de corruption et d’enrichissement illicite qui auraient entouré la gestion financière de la Direction générale des examens et contrôles scolaires, concours et passerelles (DGECS-CP).

Des recettes de plusieurs milliards au cœur des vérifications

D’après les éléments contenus dans la dénonciation transmise au parquet, d’importantes sommes auraient été collectées à travers diverses prestations liées à l’organisation des examens nationaux.

Parmi les montants mentionnés figurent notamment 5,724 milliards de francs guinéens pour les cartes spéciales examens, 8,585 milliards GNF au titre des diplômes et relevés de notes des candidats admis au baccalauréat, ainsi que 618,120 millions GNF pour la légalisation des diplômes et relevés de notes.

Une autre enveloppe de 5,724 milliards GNF est également citée pour les photos spéciales examens.

Le parquet souhaite notamment déterminer la destination de ces différentes recettes et vérifier si elles ont été régulièrement comptabilisées et reversées au Trésor public, conformément aux règles de gestion des deniers de l’État.

Des responsables administratifs dans le viseur des enquêteurs

Le Directeur général des Examens, Mamadi 49 Keita, est cité dans la correspondance, ainsi que plusieurs responsables et cadres relevant de son service.

Les enquêteurs devront également s’intéresser à certains biens immobiliers attribués ou associés à des responsables concernés. Il est notamment question de concessions à Sanoyah, d’établissements scolaires privés à Kassogna et Kankan, ainsi que d’une villa et d’un appartement situés à ADOHA, dans la cité Coléah.

L’objectif sera d’établir, le cas échéant, l’origine des fonds ayant permis l’acquisition de ces biens et de déterminer s’ils présentent un quelconque lien avec les ressources publiques issues de la gestion des examens.

Une période d’investigation de seize ans

Le procureur spécial ne souhaite pas limiter les investigations à la seule année 2026. La mission confiée aux enquêteurs couvre une période beaucoup plus large, allant de 2010 à 2026.

Les investigations devront notamment porter sur les primes de surveillance, les frais de déplacement, les indemnités accordées aux correcteurs et aux membres des secrétariats d’examen.

Le dispositif logistique entourant les épreuves sera également passé au crible, notamment le transport, la conservation et l’acheminement sécurisé des malles contenant les sujets vers les différentes préfectures.

Équipements numériques et infrastructures scolaires concernés

La commande du parquet s’étend également aux dépenses consacrées à l’acquisition d’équipements informatiques et de dispositifs de numérisation destinés à assurer la traçabilité des élèves.

La gestion des fonds affectés au développement et au financement des infrastructures scolaires figure elle aussi parmi les axes de l’enquête.

À ce sujet, le parquet fait référence à une enveloppe de plus de 150 millions d’euros qui aurait été mobilisée en septembre 2026 par l’Agence nationale de financement de l’éducation (ANAFE) pour des projets de reconstruction d’infrastructures scolaires.

Les enquêteurs devront donc examiner les conditions de mobilisation, d’utilisation et de justification de ces ressources.

Une procédure encore au stade des vérifications

Pour l’heure, aucune conclusion judiciaire définitive ne peut être tirée des éléments dénoncés. L’ouverture d’une enquête préliminaire vise précisément à vérifier la réalité des faits allégués, à identifier les éventuelles responsabilités et à établir la traçabilité des fonds concernés.

Le parquet spécial a par ailleurs demandé aux services chargés des investigations de préserver la confidentialité de la procédure.
L’enquête devra ainsi permettre de déterminer si des infractions économiques et financières ont effectivement été commises dans la gestion des ressources liées aux examens nationaux et, le cas échéant, d’en établir les responsabilités.

Guinee7.com 

Last modified: 15 septembre 2026

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