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Kissidougou : à Tambassadou, 11 tables-bancs pour toute une école, le difficile chemin des enfants vers le savoir

20 septembre 2026

À l’approche de la rentrée scolaire, certaines écoles de l’intérieur du pays continuent de faire face à d’importantes difficultés.


À Tambassadou, district relevant de la sous-préfecture de Bardou, dans la préfecture de Kissidougou, l’école primaire publique Saint Albert illustre les réalités auxquelles sont confrontés de nombreux enfants en milieu rural.

Située à 47 kilomètres de Kissidougou et à 7 kilomètres de Bardou, cette localité reste difficile d’accès. Les véhicules peinent à y parvenir, notamment en raison de l’absence de ponts sur certains passages. Seules les motos permettent véritablement de rallier le village.

Pour les enfants, le parcours vers l’école constitue déjà une épreuve. Certains parcourent plusieurs kilomètres à pied chaque matin, parfois sous le soleil ou sous de fortes pluies, pour rejoindre les salles de classe.

Créée en 2007 grâce à l’engagement de la communauté locale, l’école Saint Albert porte le nom d’Albert Tyéré Camara, présenté comme l’un des initiateurs du projet.

« Cette école a été créée en 2007, et ça aussi par la bravoure de la communauté elle-même », explique Louis Mory Camara, professeur de chimie et ressortissant de Tambassadou.

Deux salles pour six niveaux

L’établissement ne dispose que de deux salles de classe pour accueillir les élèves de la première à la sixième année. Une situation qui contraint les enseignants à fonctionner en classes multigrades.

« Les salles de classe qui sont fonctionnelles, il y en a deux. Et c’est multigrade aussi. Dans chaque salle, il y a deux promotions », témoigne Louis Mory Camara.

À cette insuffisance s’ajoute le manque criant de mobilier. L’école ne compte que onze tables-bancs pour les élèves des deux groupes pédagogiques. Il arrive ainsi que cinq, voire six enfants, soient contraints de partager une même table-banc.

« Il n’y a que onze tables-bancs pour ces deux groupes pédagogiques », précise-t-il.

Le matériel pédagogique est également limité. Un petit tableau en bois figure parmi les rares équipements disponibles.

Dans la cour, l’absence de clôture permet aux animaux de pénétrer librement dans l’enceinte scolaire. Des bœufs viennent notamment s’y abriter, laissant leurs déjections aux abords des salles.

Même le bureau du directeur est utilisé comme espace de stockage, notamment pour conserver du bois mort apporté par certains élèves.

Deux enseignants pour faire fonctionner l’école

L’encadrement repose principalement sur deux enseignants titulaires, dont l’un assure également les fonctions de directeur.

« L’école, pratiquement, on a deux titulaires. Donc ces deux titulaires sont ceux qui se débrouillent ici », explique Louis Mory Camara.

Des enseignants contractuels viennent parfois renforcer l’équipe, mais leur prise en charge constitue une difficulté supplémentaire pour cette communauté essentiellement agricole.

« Cette communauté qui est là ne se nourrit qu’à partir de l’agriculture. Donc s’il n’y a pas d’autre soutien, ça devient très, très difficile », souligne-t-il.

L’école accueille des enfants de cinq villages : Tambassadou, Daadouto, Masamadou, Koleidou et Félembè.

Cette année, 18 candidats ont été présentés à l’examen d’entrée en 7ᵉ année. Mais pour ceux qui réussissent, un autre obstacle les attend : poursuivre leurs études à Bardou, située à sept kilomètres.

« Ces enfants viennent à pied chaque matin et rencontrent ces petits calvaires. Mais mieux vaut ici que de partir encore parcourir sept kilomètres pour rejoindre la sous-préfecture », estime Louis Mory Camara.

Un appel aux autorités

Face à ces difficultés, le ressortissant de Tambassadou appelle les autorités à soutenir la communauté afin d’améliorer les conditions d’apprentissage.

« Le message que moi je peux demander à l’autorité, c’est de venir en aide à cette communauté qui se bat jour pour jour pour donner le savoir à ces petits-enfants qui sont là, qui n’ont nulle part où aller », plaide-t-il.

Il estime que les enfants des zones rurales ne doivent pas être laissés en marge de l’accès à l’éducation.

À Tambassadou, malgré un bâtiment en banco, deux salles de classe, onze tables-bancs et un personnel limité, l’école Saint Albert continue donc de fonctionner. Derrière ces conditions précaires, enseignants, parents et élèves tentent de maintenir vivant un espoir : celui de donner aux enfants les moyens de construire leur avenir par le savoir.

Christine Finda Kamano

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Last modified: 20 septembre 2026

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