
La liste conduite par Mamady Doumbouya pour la présidence de la FEGUIFOOT, remplie de nababs – les Ivoiriens diraient les suspendus – donne du fil à retordre bien avant même le scrutin. Et pour cause : le principal intéressé semble avoir engagé cette course sans en mesurer, ou sans vouloir en mesurer, l’obstacle juridique qui la mine de l’intérieur.
Directeur général de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT), Mamady Doumbouya est soumis à un régime d’incompatibilités strict. L’article 18 de la Loi 018/AN relative aux télécommunications et aux technologies de l’information en République de Guinée est sans ambiguïté : les fonctions de Directeur général de l’ARPT sont incompatibles avec tout emploi privé, tout mandat électif national ou local, et toute possession directe ou indirecte d’intérêt dans une entreprise du secteur des postes, des télécommunications/TIC, de l’audiovisuel et de l’informatique.
Or la présidence de la FEGUIFOOT est précisément un mandat électif. Le texte ne fait aucune distinction entre mandat politique et mandat associatif ou sportif : c’est le caractère électif qui déclenche l’incompatibilité. Point.
À cela s’ajoute une seconde zone d’ombre, de nature différente mais tout aussi embarrassante : Orange Guinée, opérateur télécom placé sous la supervision directe de l’ARPT, compte parmi les principaux sponsors de la FEGUIFOOT. Qu’un régulateur se retrouve, via la fédération qu’il présiderait, en position de bénéficiaire du sponsoring d’une entreprise qu’il a lui-même la charge de contrôler, interroge à tout le moins sur l’indépendance de la fonction. Ce n’est pas, à proprement parler, une infraction à l’article 18 – qui vise la possession d’intérêts, non le sponsoring -, mais c’est une question d’éthique et d’apparence de conflit d’intérêt que les instances de validation des candidatures ne devraient pas balayer d’un revers de main.
D’abord, son statut ne lui permet pas, s’il venait à l’emporter, d’exercer simultanément la présidence de la FEGUIFOOT et la direction de l’ARPT. Il faudra démissionner d’un des deux postes. Et comme il est presque surréaliste d’envisager sa démission de la direction de l’ARPT, le scénario le plus probable sera une démission de la tête de la FEGUIFOOT, suivie de la cooptation d’un homme de son camp. Un dénouement qui, de nature, ne donnera pas immédiatement de sérénité à la fédération – si tant est que sa liste l’emporte.
Aux instances chargées de valider les candidatures de trancher, avant le vote, plutôt qu’après.
Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com
Last modified: 25 septembre 2026





