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Passage de Doumbouya à l’ONU : Joachim Baba Millimouno décrypte son discours et recadre les manifestants

25 septembre 2026

Dans une sortie médiatique ce vendredi 25 septembre 2026, le politologue Joachim Baba Millimouno a analysé le passage du président Mamadi Doumbouya à la tribune des Nations unies. Cet acteur politique guinéen a également décrypté la manifestation de Guinéens à New York, à l’occasion de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU.

Du discours du président Mamadi Doumbouya à la tribune de l’ONU

« D’abord, il faut féliciter le président de la République pour sa brillante participation à cette 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies. Il ne pouvait en être autrement. Vous savez, par moments, certains dirigeants préfèrent envoyer des représentants. Le Premier ministre pouvait y aller, mais le président a choisi d’y être lui-même, parce que c’est un leader qui veut marquer son époque.

Il veut marquer de manière indélébile son passage à la tête de la Guinée, mais aussi dans le concert des nations.

Son discours a d’abord consisté à rappeler quelques prouesses de sa gouvernance, mais également à réitérer un message qu’il avait déjà tenu il y a trois ans : celui de rappeler à ceux qui se considèrent comme des « super-nations » qu’ils ont eu tort de vouloir imposer au monde une méthode, notamment en matière de démocratie.

Comme vous le savez, il n’y a pas une seule démocratie. Il y a plusieurs démocraties, adaptables aux réalités socioculturelles et à l’histoire des peuples. Il est donc important que le président ait rappelé que la Guinée entend bien épouser la démocratie, mais pas telle qu’on a voulu nous l’imposer ; plutôt telle que nous la comprenons, de manière à ce qu’il y ait un véritable ancrage et que ce soit la société qui épouse les principes et les méthodes.

L’autre chose, c’est que le président a donné une orientation. La Guinée, face aux conflits qui assaillent aujourd’hui le monde, ne prend position ni pour l’un ni pour l’autre.

Nous avons défini notre ligne diplomatique et tout pays, qu’il soit une grande nation ou un pays en voie de développement, qui accepte de comprendre cette philosophie de la Guinée, nous collaborerons avec lui. Mais il n’est plus question que la France nous empêche de collaborer avec la Chine, ou que la Chine nous empêche de collaborer avec les États-Unis. Inversement, il n’est pas question non plus que la Russie s’impose dans une collaboration avec l’Allemagne, pour tel ou tel intérêt que ce soit.

Aujourd’hui, nous sommes en train de développer le minerai de fer de Simandou. Le président a décliné et rappelé les différents axes, ainsi que la manière dont la Guinée est en train de financer son développement, notamment à travers le financement autonome des élections, la mise en place d’une Académie Simandou permettant de distribuer les ressources issues de l’exploitation du minerai de fer de Simandou, ainsi que d’autres volets.

C’est comme pour dire que nous sommes prêts à collaborer avec tout le monde, de manière bilatérale comme multilatérale, à condition que personne ne nous impose ses desiderata. »

De la manifestation des Guinéens à New York contre Mamadi Doumbouya

Sur la manifestation de Guinéens à New York contre le président Mamadi Doumbouya, Joachim Baba Millimouno estime que le droit de manifester est légitime, mais critique la manière dont cette mobilisation s’est déroulée.

« Je dis que les Guinéens, les compatriotes qui ont manifesté à New York, leurs motivations sont légitimes. Le principe de la mobilisation pour contester, pour envoyer un message à la communauté internationale, pour protester, pour dire au président qu’ils sont mécontents, pour l’interpeller, attirer son attention par rapport à tel ou tel autre fait, ou encore réclamer un droit, est légitime.

Mais la méthode a trahi, si vous voulez, le droit. La méthode a trahi le droit.

Est-ce que c’était leur intention ou est-ce l’esprit de la foule qui a finalement trahi les intentions de départ ? Nous n’avons pas eu, moi, je n’ai pas eu l’impression qu’il était question de présenter une contestation. Mais c’était, si vous voulez, un règlement de comptes.

C’était, dans une certaine mesure, une manière d’empêcher le président d’exercer sa mission de président de la République, qui allait représenter la nation guinéenne à la tribune des Nations unies.

On va jusqu’à se targuer, se réjouir de l’empêcher de prendre la parole à la tribune des Nations unies. Ça, c’est aberrant. Quand il s’agit de l’intérêt supérieur de la Guinée, nous devons pouvoir mettre nos intérêts partisans, nos intérêts particuliers de côté pour regarder la marche de la République.

Moi, je ne dis pas que tout est rose aujourd’hui. La République de Guinée, depuis le 5 septembre, est en train d’évoluer à pas de géant. Quand on compare la Guinée du 5 septembre 2021 à aujourd’hui, et la Guinée d’il y a 10 à 15 ans, on se rend compte que ce n’est pas la même.

Il y a beaucoup d’avancées, et ce, sur tous les plans. Mais cela ne veut pas non plus dire que le régime du président Mamadi Doumbouya est exempt de toute critique. Non, aucune œuvre humaine n’est parfaite.

Encore une fois, j’aime le dire. Ça peut choquer, tout comme ça peut plaire, mais l’évidence, c’est que Dieu, qui a créé l’humanité et tout ce qui existe, ne fait pas l’unanimité. Tout le monde ne l’adore pas. Cependant, c’est par lui que nous existons tous.

On ne peut donc pas prétendre qu’un homme ou qu’un régime puisse faire l’unanimité. C’est une utopie.

Par conséquent, je dis que le fait de ne pas approuver tout ce qui se fait dans un régime ne nous donne pas le droit de nous comporter comme nos compatriotes l’ont fait aux États-Unis, à New York.

C’est une atteinte grave à l’autorité, à l’institution du président de la République.

Le fait de vouloir l’empêcher, et jusqu’à même poursuivre un véhicule qui était soupçonné de le transporter, c’est le comble du dédain. C’est l’expression d’une haine, c’est l’expression d’un mépris.

Je crois que c’est une transposition d’un problème ou de problèmes personnels aux dépens des problèmes de la République. »

Une synthèse de Bhoye Barry pour guinee7.com

Last modified: 25 septembre 2026

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