
À quelques semaines de l’élection du Comité exécutif de la Féguifoot, prévue en octobre 2026, une question de procédure pourrait peser sur le scrutin. Une liste peut-elle remplacer un candidat pendant le délai de régularisation de cinq jours ? Pour le juriste consulté par notre rédaction, la réponse tient dans un mot : « pièces ».
Le football guinéen a l’habitude de régler ses querelles électorales dans les couloirs. Il gagnerait à les régler dans les textes. Une liste candidate a remplacé certains de ses membres après le dépôt de son dossier, en s’appuyant sur l’article 11.3 du Code électoral. Nous avons demandé à un juriste si cet article l’autorisait. Sa réponse est claire.
Article 11.3 : des pièces, pas des candidats
L’article 11.3 accorde à chaque liste cinq jours ouvrables après le dépôt pour « compléter ou remplacer une ou des pièces non conformes ». Il ne parle ni de « modifier la liste » ni de « remplacer un candidat ». Pour le juriste, cette nuance est déterminante.
Pendant ces cinq jours, une liste peut produire un casier judiciaire manquant ou remplacer un certificat médical irrégulier. Elle ne peut pas changer la personne concernée. Comme le résume le juriste : remplacer le casier judiciaire de M. X n’est pas remplacer M. X par M. Y.
Remplacer une personne, c’est déposer une nouvelle candidature
Une liste est une candidature collective, nominative. Les treize personnes déposées dans les délais sont les seules candidates. En faire entrer une autre ensuite, c’est introduire une candidature après la clôture, et prolonger de fait de cinq jours la date limite. Le Code ne le prévoit nulle part.
L’article 11.5 et le précédent de Nzérékoré
Le Code prévoit d’ailleurs un mécanisme distinct en cas de retrait d’un candidat : c’est la Commission électorale qui constate la situation et décide, s’il y a lieu, de rouvrir les délais. Cette disposition n’aurait aucun sens si une tête de liste pouvait remplacer librement ses colistiers.
En 2023, lors de l’élection de la Ligue régionale de Nzérékoré, la Commission électorale de recours de la FGF a examiné une substitution intervenue après la date limite. Elle l’a traitée comme une question de régularité du processus, et non comme un simple échange de documents.
Secrétariat général : la date du dépôt fait foi
Autre point sensible : un remplacement effectué avant que le Secrétariat général ne transmette les dossiers. Pour le juriste, seule compte la date du dépôt contre récépissé. Le Secrétariat reçoit et transmet les candidatures ; il ne les valide pas. La Commission devrait donc disposer de toute la chronologie : liste initiale, récépissé, lettre de retrait, demande de substitution et dates de transmission.
Quelles conséquences pour la liste ?
Le juriste reste prudent : le Code ne prévoit pas de rejet automatique. Le candidat substitué pourrait simplement ne pas être admis. Mais si, sans lui, la liste ne remplit plus les conditions de composition fixées par les Statuts, c’est toute la liste qui pourrait être rejetée.
La Commission électorale doit trancher
Une substitution ne devient pas régulière parce qu’elle a eu lieu dans les cinq jours. Ce délai permet de changer les pièces d’un candidat, pas le candidat lui-même. La balle est désormais dans le camp de la Commission électorale. En octobre, la Féguifoot jouera aussi la crédibilité de ses propres règles.
Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com
Last modified: 27 septembre 2026





