
Après l’avoir interrogé sur le remplacement de noms sur des listes candidates à la présidence de la Fédération guinéenne de football, guinee7.com a de nouveau sollicité l’avis d’un juriste. Son constat est net : le Secrétariat général reçoit et transmet les candidatures, il ne les examine pas, il ne les valide pas, et il ne saurait se substituer à la Commission électorale.
Le Secrétariat général de la FEGUIFOOT : une boîte aux lettres, pas un juge
Il est des évidences qu’il faut parfois rappeler avec force. Dans toute élection digne de ce nom, celui qui reçoit les dossiers n’est pas celui qui les juge. À la FEGUIFOOT, c’est le Secrétariat général qui réceptionne les candidatures et les achemine. Son rôle, dans cette phase, s’arrête là. Recevoir, enregistrer, transmettre.
L’examen et la validation relèvent d’un autre organe : la Commission électorale. Ce n’est pas une interprétation, c’est la Fédération elle-même qui le dit. Pour le scrutin d’octobre 2026, la FEGUIFOOT indique que les candidatures sont examinées et validées par les organes électoraux compétents, et que l’ensemble du processus est placé sous la supervision de la Commission électorale.
Tout est donc écrit. Reste à savoir si tout est respecté.
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Remplacement de candidats sur une liste : le scénario qui pose problème
Imaginons le cas de figure suivant. Une liste est déposée avec un candidat A. Ce candidat démissionne. Il est remplacé par un candidat B. Et c’est le dossier de B qui parvient à la Commission électorale, sans que celle-ci sache que la liste initialement déposée portait le nom de A.
Sur le papier, rien ne semble anormal. Dans les faits, c’est tout le processus qui vacille. Car dans ce schéma, le Secrétariat général n’a plus seulement transmis. Il a trié, accepté une substitution, et présenté à l’organe de contrôle une situation déjà arrangée. Autrement dit, il a pris une décision qui ne lui appartenait pas.
Le juriste est clair : une telle pratique serait problématique. Non parce qu’un remplacement serait interdit en soi, mais parce qu’il doit être tranché par l’organe compétent, en toute connaissance de cause.
Ce que la Commission électorale doit avoir sous les yeux
Pour juger d’une substitution, la Commission ne peut se contenter du dossier final. Elle doit disposer de toute la chaîne :
- la liste originale telle que déposée ;
- le récépissé de dépôt ;
- la lettre de retrait du candidat sortant ;
- la demande de substitution ;
- le dossier complet du candidat proposé en remplacement ;
- les dates et heures de chacun de ces actes.
Ce dernier point n’est pas un détail d’huissier. Dans une élection, l’heure compte. Un retrait intervenu avant ou après la clôture des dépôts ne produit pas les mêmes effets. Une substitution faite dans les délais ou hors délais non plus. Sans chronologie précise, aucun contrôle sérieux n’est possible.
La transparence de la chronologie, condition de la crédibilité du scrutin
Le football guinéen a trop souffert des crises de gouvernance, des contentieux électoraux et des soupçons de manœuvres de couloir pour s’offrir le luxe d’un nouveau doute. Chaque zone d’ombre dans la procédure devient un argument pour contester les résultats, et chaque contestation retarde un peu plus le travail de fond dont notre football a besoin.
La solution est simple, et elle ne coûte rien : que chaque acte soit tracé, daté, transmis intégralement à la Commission électorale, et que celle-ci statue seule, sur pièces. Le Secrétariat général n’en sortira pas diminué. Il en sortira protégé, à l’abri des accusations.
À l’inverse, un Secrétariat qui filtre en amont, même de bonne foi, prive la Commission de son pouvoir d’appréciation et fragilise la légitimité de celui qui sera élu.
L’élection d’octobre 2026 doit être celle de la clarté. Cela commence par une règle élémentaire : chacun à sa place.
Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com
Last modified: 29 septembre 2026





