
Des tirs de sommation ont retenti mardi soir aux abords de la Maison centrale de Kankan, dans le quartier Gare, lors d’une intervention des forces de sécurité venue exécuter le transfert d’un détenu condamné vers Kindia. Le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, Ibrahima 1 Camara, affirme que les tirs ont été effectués après l’opposition de détenus à cette opération.
Les détonations ont été entendues aux environs de 17 heures, selon plusieurs riverains. À l’arrivée sur les lieux, un important dispositif sécuritaire était visible autour de la Maison centrale, avec notamment des militaires et des agents de la Brigade anti-criminalité (BAC 23).
Lors d’un point de presse tenu ce mercredi 30 septembre, le procureur est revenu sur les circonstances de cette intervention, après plusieurs interrogations suscitées par les coups de feu.
« Hier, beaucoup d’entre vous nous ont appelés pour nous dire qu’ils ont entendu des coups de feu à la maison centrale. Il faut qu’on en parle. Parce que si on garde le silence, ça va donner lieu à plusieurs interprétations », a déclaré Ibrahima 1 Camara.
Le transfert d’un détenu à l’origine de l’intervention
Selon le procureur, le procureur général près la cour d’appel aurait décidé du transfert d’un détenu condamné, considéré comme présentant un risque pour la sécurité de la Maison centrale.
« En tant que procureur de la République, il y a le procureur général de la cour d’appel qui, suivant des informations, a estimé qu’il y a une personne à la maison centrale, un condamné, qui constitue de nos jours un danger pour la sécurité de cette maison de détention », a-t-il expliqué.
D’après lui, une décision a ainsi été prise pour transférer le détenu vers la prison civile de Kindia.
Des agents de la BAC se sont ensuite rendus à la Maison centrale pour exécuter cette mesure.
« La BAC était arrivée hier pour exécuter cette mesure du monsieur le procureur général. Lorsque la BAC est rentrée dans la cour, puisque l’intéressé était dans les cales, quand on les faisait sortir, je ne sais pas quelle manœuvre il a faite, les détenus se sont révoltés pour dire qu’ils ne partent pas », a poursuivi le procureur.
Des tirs de sommation après l’opposition des détenus
Face à cette opposition, des tirs de sommation auraient été effectués afin de contenir la situation.
« Pour empêcher le pire, on fait des tirs de sommation. Voilà, on a fait des tirs de sommation pour les empêcher, en tout cas pour que le pire n’arrive », a déclaré le procureur.
Il assure qu’il s’agissait de l’exécution d’une mesure de transfert et non d’une opération destinée à provoquer un incident dans l’établissement pénitentiaire.
« Il n’y avait rien de grave. C’est quelqu’un qui devait être transféré à Kindia. C’est un condamné. Mais vous savez, dans notre politique pénale, lorsqu’on constate que vous êtes condamné, il y a plusieurs condamnés là-bas, mais vous représentez un danger, on vous envoie dans un endroit où votre dangerosité n’est pas plus menaçante », a-t-il expliqué.
Une version différente rapportée par une source anonyme
Une source anonyme ayant contacté, mardi soir rapporte toutefois une autre version des faits.
Selon cette source, des hommes encagoulés seraient venus chercher le chef de cour de la Maison centrale pour une destination qui n’aurait pas été communiquée aux détenus.
« Souvent, des militaires encagoulés viennent prendre des détenus ici pour les envoyer dans des endroits inconnus. Aujourd’hui, c’est le chef de cour qu’ils étaient venus prendre pour une destination inconnue. Nous nous sommes opposés parce que nous avons aussi des droits. Il n’a rien fait de mal, donc nous ne savons pas pourquoi ils voulaient l’embarquer », a-t-elle témoigné.
Cette source affirme également que le refus des détenus aurait entraîné les tirs de sommation.
« Suite à notre refus, ils ont fait des tirs de sommation à l’extérieur de la cour. Personne n’a été blessé. Honnêtement, nous ne savons pas si ce sont des policiers ou des militaires, ils étaient encagoulés », a-t-elle ajouté.
Le détenu transféré à Kindia
Selon le procureur de la République, la situation est finalement revenue à la normale et le détenu concerné a été transféré conformément à la décision des autorités judiciaires.
« C’était ça seulement. Tout est rentré en ordre et lui, il a été transféré comme ça a été décidé », a conclu Ibrahima 1 Camara.
Aucune victime n’a été signalée à la suite des tirs, selon les informations rapportées. Les circonstances de l’opposition au transfert restent toutefois présentées différemment par le parquet et la source anonyme citée.
Karifa Kansan Doumbouya, correspondant régional – Kankan
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Last modified: 30 septembre 2026





