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Éducation : 50 écoles guinéennes bientôt dotées de pôles d’apprentissage numérique

5 octobre 2026

Conakry- La Fondation Orange Guinée et l’UNICEF ont signé, lundi 5 octobre 2026 à Conakry, un accord destiné à renforcer l’accès au numérique dans 50 établissements scolaires répartis dans six régions du pays. Le programme prévoit également la formation de 500 adolescents et l’attribution de 100 bourses et prix d’excellence.

La transformation numérique du système éducatif guinéen franchit une nouvelle étape. À travers un partenariat conclu entre la Fondation Orange Guinée et l’UNICEF, 50 établissements scolaires bénéficieront prochainement de pôles d’apprentissage numérique alimentés à l’énergie solaire et dotés d’une connexion.

Les écoles concernées sont réparties entre Conakry, Kindia, Boké, Mamou, Labé et N’Zérékoré. Au-delà des équipements, le programme entend agir sur les compétences des élèves avec la formation de 500 adolescents dans les domaines des sciences, des technologies et du numérique. Cent bourses et prix d’excellence sont également prévus au profit de jeunes lauréats.

« Le numérique peut être un élément puissant »

Pour Maddalena Bertolotti, représentante de l’UNICEF en Guinée, l’objectif du projet ne se limite pas à installer du matériel informatique dans les établissements. Il s’agit surtout de faire en sorte que les technologies contribuent concrètement aux apprentissages : « cette ambition, c’est vraiment de mettre des équipements numériques à la disposition des écoles et de faire en sorte que ces outils contribuent réellement à améliorer les apprentissages des enfants et des jeunes. En Guinée, la pauvreté des apprentissages demeure un défi majeur. Trop d’enfants peinent encore à acquérir les compétences fondamentales en lecture, en écriture et en texte. Le numérique peut être un élément puissant pour améliorer la qualité et l’équité des apprentissages, mais le numérique ne suffit pas. Il doit servir aussi les priorités pédagogiques nationales et pouvoir aussi être utilisé dans les conditions réelles des écoles et des communautés. »

La représentante de l’UNICEF insiste ainsi sur la nécessité de créer un environnement permettant aux outils numériques d’être réellement utilisés dans les salles de classe. Elle identifie quatre conditions indispensables : « l’apprentissage numérique repose sur quatre conditions indissociables. D’abord, c’est important d’avoir une source d’énergie qui est viable, c’est important d’avoir une connectivité qui est adaptée, des contenus qui sont validés par les autorités éducatives, qui sont aussi intégrés aux dispositifs nationaux, et aussi une condition très importante, c’est les enseignants. Il doit être accompagné et en mesure d’intégrer ces ressources dans les pratiques pédagogiques. Si l’une de ces conditions manque, les équipements restent inutilisés. Donc, ce n’est pas juste donner des équipements, mais c’est important d’assurer qu’ils sont utilisables. »

Des équipements alimentés à l’énergie solaire

Le partenariat prévoit justement de répondre à ces différentes contraintes. Dans les 50 établissements retenus, des pôles d’apprentissage numérique seront installés avec une alimentation solaire et une connexion adaptée.

Maddalena Bertolotti détaille les principales composantes du programme : « l’accord que nous signons aujourd’hui répond à ces conditions de manière intégrée. En matière d’accès, dans 50 écoles réparties dans 6 régions, et ce sera à Conakry, à Kindia, Boké, Mamou, Labé et N’Zérékoré, nous installerons des pôles d’apprentissage numérique alimentés par l’énergie solaire et qui seront aussi connectés. En matière d’apprentissage et de compétences, 500 adolescents seront formés aux sciences, aux technologies et aux numériques. Et 100 bourses et prix d’excellence, ils compenseront des jeunes lauréats. Cette initiative vise explicitement à réduire les disparités d’accès aux numériques éducatifs au bénéfice des écoles et des filles qui disposent aujourd’hui de grandes opportunités. »

Un partenariat articulé autour de plusieurs acteurs

Pour l’UNICEF, la réussite du programme dépend également de la complémentarité entre les différentes parties prenantes. L’organisation onusienne entend notamment apporter son expertise pédagogique et accompagner les enseignants, tandis que la Fondation Orange Guinée mettra à contribution ses capacités techniques et logistiques : « cet accord a trois aspects très importants. Premièrement, la complémentarité des dons respectés, la conduite du ministère de l’Éducation. Ce partenariat s’inscrit dans les priorités du ministère de l’Éducation en matière d’amélioration des apprentissages fondamentaux et consommation du système éducatif. La Fondation Orange-Guinée apporte ses capacités techniques et logistiques, alors que l’UNICEF apporte son expertise pédagogique, son appui à la qualité des contenus et à l’accompagnement des enseignants, ainsi que des capacités de suivi et de méthode. Ce suivi est important parce qu’il ne porte pas uniquement sur le développement des équipements et l’accès aux ressources, mais va aussi mesurer l’utilisation des ressources et pouvoir vraiment contribuer à l’amélioration des apprentissages. »

La question des contenus pédagogiques figure également au cœur du dispositif. L’UNICEF assure qu’ils feront l’objet d’une validation par les autorités éducatives avant leur intégration : « les contenus sont validés par l’INRAP et le ministère avant d’être intégrés à la plateforme nationale. Et cela fait partie du cadre du programme décennal de l’éducation. C’est un point essentiel. Nous ne créons pas une solution numérique qui est parallèle, mais nous renforçons les dispositifs existants en cohérence avec la priorité du système éducatif. »

La Fondation Orange Guinée réaffirme son engagement

Du côté de la Fondation Orange Guinée, le directeur général et président, Ousmane Boly Traoré, a présenté cette initiative comme une nouvelle contribution de son institution aux efforts de l’État dans le secteur éducatif : « c’est une occasion pour nous de manifester encore notre disponibilité à accompagner l’État dans son rôle régalien de formation, de préparation de sa jeunesse pour un meilleur futur pour la République de Guinée. »

Il a également insisté sur la volonté d’utiliser les technologies pour favoriser la formation des jeunes, avec une attention particulière portée aux filles : « Orange Guinée se veut un socle qui met à profit l’ensemble de ces outils numériques afin de contribuer à la formation des enfants, des jeunes en général, des filles. Et utiliser les moyens de la Fondation pour accompagner l’UNICEF afin de pouvoir magnifier ce rôle que nous voulons jouer auprès de la jeunesse en général. »

L’INRAP appelé à jouer un rôle central

Présent à la cérémonie au nom du ministre de l’Éducation nationale, le directeur général de l’Institut national de recherche et d’action pédagogiques (INRAP), Malick Bah, a salué la conclusion de cet accord. Il a notamment souligné l’importance de l’intégration des nouveaux supports dans la plateforme pédagogique nationale : « c’est un vaste programme qui démarre et notre plateforme va très bientôt embarquer ce nouveau support pédagogique. Donc, avec la Fondation Orange, j’ai apprécié vos discours en disant qu’il faut valider l’INRAP. C’est extrêmement important parce qu’il faut qu’on soit en phase avec les programmes, les manuels et tout ce qui est produit par Palindra pour l’école qu’il est. Donc nous, on ne peut que se réjouir de ce partenariat-là, ça va renforcer un peu ce que nous faisons avec l’UNICEF et j’avoue que nous sommes disposés à collaborer en matière de production de contenu pédagogique pour que tout se passe au bénéfice de qualité pour les enfants du pays. »

À travers cet accord, les partenaires veulent ainsi faire du numérique un levier complémentaire de l’enseignement, en misant à la fois sur les infrastructures, la formation, les contenus pédagogiques et l’accompagnement des enseignants.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com 

Last modified: 5 octobre 2026

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