
Conakry – Poursuivi pour des faits présumés de destruction de biens privés, le Dr Adler Koulemou risque un an de prison avec sursis. Le ministère public lui reproche d’avoir obstrué un canal, provoquant une inondation dans la concession de son voisin, Mamadouba Keïta.
Le prévenu a comparu ce mercredi 21 octobre 2026 devant le tribunal de première instance (TPI) de Dixinn. À la barre, il a rejeté les accusations, expliquant que le différend remonte à 2024, lorsqu’il a décidé de boucher une partie du canal situé sur son domaine.
Selon ses explications, il avait lui-même creusé cet ouvrage en 2019 pour faciliter l’évacuation des eaux de ruissellement. Mais les eaux de pluie y entraînaient régulièrement des ordures jusque dans sa concession, ce qui l’aurait poussé à obstruer une partie du passage.
Cette décision aurait cependant entraîné des conséquences chez son voisin. Mamadouba Keïta affirme que l’inondation a endommagé plusieurs de ses biens, notamment des meubles, un réfrigérateur, un téléviseur et un ordinateur portable. Il déclare également avoir perdu 15 poulets.
15 millions de francs guinéens réclamés pour les préjudices
Pour la partie civile, les dégâts subis par Mamadouba Keïta engagent la responsabilité du prévenu. Son avocat a demandé au tribunal de condamner le Dr Adler Koulemou à verser 15 millions de francs guinéens correspondant à la valeur estimée des biens endommagés, auxquels s’ajoutent 15 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.
Le ministère public estime, pour sa part, qu’il existe un lien de causalité entre l’obstruction du canal et les dégâts occasionnés. Le parquet considère que le prévenu ne pouvait ignorer les risques liés à sa décision.
« Le comportement de Koulemou en fermant le canal connaissait les risques », a déclaré Mamadou Yaya Fatoumata Boiro, substitut du procureur.
Sur la base de l’article 523 du Code pénal, le ministère public a requis que le Dr Adler Koulemou soit déclaré coupable et condamné à un an d’emprisonnement avec sursis et à une amende d’un million de francs guinéens.
Le prévenu conteste toute responsabilité
Assurant lui-même sa défense, le Dr Adler Koulemou a contesté les arguments du parquet et rejeté toute responsabilité pénale et civile dans cette affaire.
« Il n’y a aucune infraction. L’élément matériel manque », a-t-il plaidé, avant de réaffirmer : « Je ne suis pas responsable. »
Après les débats, le juge Mohamed Sangaré a mis l’affaire en délibéré. Le tribunal de première instance de Dixinn rendra sa décision le 28 décembre 2026.
Bhoye Barry pour guinee7.com
Last modified: 21 octobre 2026





