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Areeba Guinée : Mamy Diaby prend les commandes et annonce une restructuration profonde

5 novembre 2026

Areeba Guinée SA amorce un nouveau virage. Installé ce mercredi 4 novembre 2026 au poste de directeur général, Mamy Diaby annonce une restructuration profonde de l’entreprise, confrontée à de sérieuses difficultés financières, techniques et opérationnelles.

Rationalisation des coûts, modernisation du réseau, relance commerciale et transformation du modèle économique figurent parmi les cinq axes de son plan de redressement. Mohamed Diallo a également été installé comme directeur général adjoint.

La cérémonie de passation de service entre le directeur général par intérim sortant, Djemori Kouyaté, et son successeur s’est déroulée au siège de l’entreprise, à Coléah, en présence des travailleurs, des représentants syndicaux et des autorités de tutelle.

Prenant la parole, Mamy Diaby a d’abord exprimé sa reconnaissance au président de la République, Mamadi Doumbouya, pour la confiance placée en lui à travers cette nomination.

« À cette occasion, permettez-moi de remercier vivement Son Excellence Monsieur le Président Mamadi Doumbouya pour la confiance placée à ma modeste personne en me nommant à ce poste stratégique dont les défis sont légion et les responsabilités on ne peut plus importantes… J’ai d’ailleurs conscience que cette confiance est un appel au travail sans faille, à l’engagement patriotique permanent et je ferai tout pour la mériter avec la grâce de Dieu et j’espère le soutien constant de mes équipes », a-t-il déclaré.

Il a également rendu hommage à son prédécesseur pour les efforts consentis durant les onze mois passés à la tête de l’entreprise par intérim.

« À mon cher frère, monsieur Kouyaté qui m’a précédé à ce poste, je salue votre dévouement et votre lutte franche à préserver et à maintenir l’intégrité du réseau. Je salue ici votre résilience et je vous dis grand merci », a-t-il souligné.

Un diagnostic préoccupant et cinq axes de restructuration

Le nouveau directeur général n’a pas caché l’ampleur des difficultés auxquelles Areeba Guinée est confrontée. Il a notamment évoqué le manque d’investissements technologiques, la baisse des marges sur les services traditionnels, les tensions de trésorerie, la concurrence accrue ainsi que les perturbations qui affectent parfois la qualité des services.

« Nous faisons face à un manque d’investissement technologique, à la baisse des marges sur les services classiques ou traditionnels comme la voix, à des problèmes de trésorerie, à une concurrence accrue et à des crises opérationnelles qui ont parfois perturbé la qualité de nos services et l’expérience de nos clients. Malgré les efforts constants consentis par chacun d’entre vous, les derniers résultats financiers montrent que notre entreprise est fragile, que le modèle actuel ne fonctionne plus », a-t-il reconnu.

Pour lui, de simples ajustements ne permettront pas de sortir l’entreprise de cette situation. Il entend donc engager immédiatement un plan de restructuration profonde et globale reposant sur cinq piliers.

Le premier consiste à rationaliser les coûts opérationnels afin de retrouver rapidement des marges de manœuvre financières et d’éviter une faillite immédiate ainsi qu’une éventuelle fermeture du réseau.

Le deuxième axe porte sur la stabilisation des opérations et des infrastructures techniques. Le troisième prévoit de recentrer les investissements sur les activités à forte valeur ajoutée, notamment le déploiement des infrastructures, les nouvelles technologies et l’amélioration de l’expérience client.

Le quatrième pilier vise à renforcer la réponse commerciale et la fidélisation des abonnés, tandis que le cinquième concerne la transformation durable de l’entreprise, à travers la redéfinition de son modèle économique.

Cette restructuration pourrait toutefois entraîner des changements importants dans l’organisation interne et les méthodes de travail.

« Cette transformation exigera des efforts partagés et entraînera des changements importants dans nos méthodes de travail et dans notre organisation humaine. Au nom de toute la direction, je m’engage à ce que ce processus se déroule avec une transparence totale, le respect de chacun et un dialogue social constructif et permanent avec vos représentants. La restructuration n’est pas un objectif en soi, cela est un passage obligatoire pour assurer notre survie puis notre relance », a-t-il prévenu.

Malgré ce tableau préoccupant, Mamy Diaby estime que l’entreprise dispose encore d’atouts importants pour réussir son redressement, notamment son réseau, sa clientèle et les compétences de ses travailleurs.

« Nous disposons d’actifs précieux, d’un réseau étendu, d’une base clientèle et surtout du capital de compétences exceptionnelles au sein de l’entreprise », a-t-il rappelé.

Djemori Kouyaté revient sur onze mois de gestion sous pression

Avant de passer le relais, le directeur général par intérim sortant, Djemori Kouyaté, est revenu sur les onze mois particulièrement éprouvants passés à la tête de l’entreprise, après le départ définitif du groupe MTN.

Il a évoqué une période marquée par de nombreuses difficultés techniques, financières et énergétiques, mais aussi par les efforts déployés pour maintenir les activités et préserver les emplois.

« Voici arrivé à terme ma mission après 11 mois d’exercice à temps plein et de combat acharné pour conduire les activités de la société à la suite du départ définitif du groupe MTN. 11 mois passés dans une atmosphère d’incertitude mais très conviviale, pacifique avec les collaborateurs combattants armés de volonté et de courage, espérant l’accompagnement du gouvernement qui, par la volonté politique du chef de l’État, président de la République, Mamadi Doumbouya, a décidé de faire de la société Areeba un patrimoine national avec l’idée de redynamiser le secteur du numérique en Guinée », a-t-il rappelé.

Parmi les principaux défis rencontrés, il a cité le vieillissement des équipements, les difficultés d’accès à l’énergie et la rude concurrence sur le marché des télécommunications.

« 11 mois d’intense activité, parsemée d’embûches certes, mais dont l’objectif a été de rassurer et de garantir les emplois directs et indirects. 11 mois de bricolage d’équipements complètement vétustes, de difficultés d’accès à l’énergie, de lutte farouche de maintien sur le marché face à la rude concurrence », a-t-il résumé.

Sur le plan financier, Djemori Kouyaté a également fait état des tensions de trésorerie, liées notamment à la baisse progressive des revenus et à l’absence d’investissements du groupe MTN au cours des dix dernières années.

Il a néanmoins salué l’accompagnement de l’État, qui aurait permis de préserver les acquis sociaux des travailleurs.

« C’était aussi et surtout 11 mois de sourire des employés et de leur famille car au cours desquels, ils ont perçu régulièrement et à temps l’ensemble des droits et avantages liés à leur fonction respective, malgré les difficultés financières auxquelles la société a été confrontée depuis quelques années », a-t-il souligné.

Sur le volet technique, il a annoncé que des travaux d’installation de batteries étaient en cours sur une centaine de sites à Conakry et à l’intérieur du pays, dans le but de réduire l’instabilité énergétique et la dépendance au carburant.

Il a toutefois prévenu que ces interventions ne représentent qu’une partie des besoins de modernisation du réseau.

« La modernisation des sites concernés n’est que très, très partielle et ne constitue qu’une infime partie des besoins eu égard à la taille du chantier qui requiert une modernisation complète du réseau. L’espoir de trouver un financement structurant pour ce joyau de la téléphonie tant attendu par nos populations et ayant révolutionné ce secteur en Guinée en 2006, à l’effet de le voir reprendre sa place d’antan », a-t-il déclaré.

Il a enfin réaffirmé sa disponibilité à accompagner la nouvelle direction dans l’accomplissement de sa mission.

« Je vous rassure de ma disponibilité à vous soutenir, à vous accompagner dans votre noble mission que prie Allah le Tout-Puissant de couronner de succès », a-t-il affirmé.

Le syndicat appelle à accompagner la nouvelle direction

Au nom des travailleurs, le secrétaire général du bureau syndical d’Areeba, Jérôme Cécé Haba, a salué le travail accompli par Djemori Kouyaté et souhaité la bienvenue aux nouveaux responsables.

« Djemory Kouyaté est de nous et il reste de nous. Nous avons toujours évolué même dans nos activités syndicales avec lui, bien entendu avant qu’il ne soit directeur général par intérim », a-t-il déclaré.

S’adressant aux travailleurs, il les a invités à accompagner la nouvelle équipe dirigeante dans ses efforts de redressement, tout en rappelant l’importance du respect du Code du travail et des obligations contractuelles.

« Nous restons, comme je le disais hier à notre assemblée générale, sous la gouverne du Code du travail et de nos contrats. Nous sommes tenus au respect : celui qui réclame droit doit d’abord avoir fait son devoir », a-t-il rappelé.

Le responsable syndical a également insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour permettre à l’entreprise de retrouver sa place sur le marché.

« Je dis que je nous encourage à faire davantage, à soutenir la direction générale qui nous est donnée pour un travail performant, pour un travail producteur, pour que la société Areeba retrouve sa place d’antan et que ce soit pour nous un orgueil national de nous bomber la poitrine. Notre situation d’employés reste marquée par beaucoup d’inquiétudes. Avec la nouvelle direction, nous espérons que cela va beaucoup plus avancer au-delà de la situation de l’entreprise qui relève beaucoup plus du management », a-t-il soutenu.

Il a cependant soulevé une préoccupation persistante concernant les conditions salariales des employés.

« Il y a pratiquement une décennie que, s’il y a avantage ou augmentation substantielle, les travailleurs d’Areeba ne connaissent pas », a-t-il déploré.

L’État mise sur le redressement d’un opérateur national

Représentant le ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, le secrétaire général, Souleymane Thiâ’nguel Bah, a insisté sur la nécessité de consolider l’équipe autour du nouveau directeur général.

Pour lui, la réussite de cette mission dépendra largement de l’engagement collectif des travailleurs.

« Mamy vient dans un endroit où vous êtes déjà une équipe, il faut que vous trouviez un petit trou, un espace dans lequel il peut s’insérer. Faites cela, afin qu’il puisse compter sur vous, qu’il puisse être là lorsque vous avez besoin d’une aide ou d’un appui », a-t-il lancé.

Le représentant du département a surtout mis en avant l’enjeu stratégique que représente le redressement d’Areeba pour la souveraineté numérique de la Guinée et l’équilibre du marché des télécommunications.

« Il y a aujourd’hui dans notre pays, comme vous le savez, un besoin crucial d’un opérateur national. Nous avons un opérateur privé qui a l’ensemble du marché quasiment de notre téléphonie mobile et aujourd’hui nos populations n’arrêtent pas de s’en plaindre », a-t-il déclaré.

Souleymane Thiâ’nguel Bah a également rappelé que le redressement de l’entreprise s’inscrit dans une dynamique portée par les autorités, sous l’impulsion du président de la République et du gouvernement.

Il a notamment évoqué le travail engagé par le ministre Mourana Soumah, avec l’appui du Premier ministre et la vision du chef de l’État, pour permettre à Areeba de retrouver sa place dans le secteur.

« Il est de la responsabilité de chacune de nos sociétés de téléphonie mobile et en particulier celle-là, puisqu’on sait ce qu’elle était et ce qu’elle est capable de faire, que cette société-là se relève et qu’elle fasse face à la société privée. Le travail qui a été entamé par monsieur le ministre Mourana Soumah, il faut que ce travail-là continue. C’est une dimension, c’est un objectif qu’il s’est fixé avec l’appui de monsieur le Premier ministre et la vision de monsieur le président de la République, de faire en sorte que cette société se relève », a-t-il indiqué.

Il a enfin insisté sur la nécessité de disposer de femmes et d’hommes capables de porter cette ambition nationale.

« Ces opérateurs nationaux ne peuvent se faire que lorsqu’il y a des femmes et des hommes derrière capables de les porter », a-t-il conclu.

Avec cette nouvelle équipe dirigeante et l’annonce d’un vaste plan de restructuration, Areeba Guinée aborde une étape déterminante de son histoire. Reste désormais à traduire les engagements annoncés en actions concrètes, pour redresser l’entreprise, moderniser son réseau et lui permettre de retrouver une place importante dans le paysage des télécommunications guinéennes.

Mayi Cissé

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Last modified: 5 novembre 2026

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