
Au terme de la phase aller de la Ligue 1 guinéenne, le président du Karfamoriah FC, Dr Ibrahima Kalil Kaba « Lilou » dresse un premier bilan de la saison, marquée par une découverte de l’élite, des résultats jugés logiques face aux cadors du championnat et des ambitions mesurées pour la phase retour.
Monsieur le Président, la phase aller de la Ligue 1 s’est achevée face au Milo FC de Kankan. Quel bilan tirez-vous de cette première expérience dans l’élite ?
Bon, je crois que le bilan il est dans les chiffres, le bilan sportif, il est clair, c’est 13 points au classement, à la 11ème place, je crois à 4 longueurs du premier relégable, donc c’est ça le bilan sportif, le bilan humain, on a 2 à 3 titulaires qui sont à l’infirmerie, et on a je crois 27 sur 32 joueurs qui ont été sur la feuille de match au moins une fois, donc en matière aussi de déplacement, on constate quand même un certain engouement sur les différents stades que l’on a joués, pas seulement nous, mais aussi nos adversaires, donc l’un dans l’autre c’est le bilan je dirais qu’il est positif globalement, parce que c’était pas facile vu qu’on a pas eu, ne serait-ce qu’un mois de préparation entre la fin de la Ligue 2 et le début de la Ligue 1, donc c’est déjà bien.
En 13 journées, le club affiche 3 victoires, 4 nuls et 6 défaites. Peut-on parler d’un apprentissage difficile ou est-ce tout simplement logique ?
À mon sens c’est logique, pour tous ceux qui suivent vraiment le championnat, pas ceux qui sont dans les réactions épidermiques, les 6 défaites sont essentiellement, de la première c’est le Milo, c’est l’AS Kaloum, c’est le Horoya, c’est le Hafia, c’est le CIK et le Wakriya AC. Et il se trouve que ces 6 clubs qui occupent exactement les 6 premières places du championnat donc on n’est pas surpris, on est en train de parler des meilleures équipes du pays. Maintenant donc, le fait d’avoir perdu, on parle du match de Horoya et le match du Hafia, c’était des gros défaites en fait. Quand vous prenez les 4 équipes qui sont juste entre la 7ème et la 10ème place, on a fait 3 victoires et 1 match nul. Et les 3 équipes qui sont derrière nous, on a fait 3 matchs nuls. Donc, je crois que c’est logique qu’on se retourve exactement oû l’on est. Il y a peut-être des opportunités qu’on aurait pu saisir, mais ça c’est le côté de l’apprentissage.
À un moment donné, avez-vous douté de l’équipe ou du staff technique, notamment face aux critiques visant l’entraîneur Ismaël Kaba ?
Bon écoutez, ça c’est la vie des supporters aussi. On a commencé une saison très difficile avec 8 matchs justement contre ces équipes-là. On a joué contre les 5 des 6 premiers du championnat. Donc, à part le milieu, on a joué essentiellement contre des équipes beaucoup plus fortes. Si vous vous fiez aux commentaires des supporters tous les jours, toutes les journées, vous allez changé d’entraîneur. Sur l’histoire d’Israël, je crois son passé parle, qui est devenu champion de Guinée, à l’intérieur du pays d’ailleurs. Je ne crois pas qu’il y en ait qui a réussi ça. Qui a été africain d’ailleurs. Donc, ça ne peut pas être la question d’entraîneurs. Il peut y avoir des différences au niveau des joueurs qu’il a ou d’autres sujets. Ce n’était pas une lutte pour moi. Je regardais le championnat avec des yeux très ouverts. Je vais au stade, contrairement peut-être à beaucoup d’autres. Je savais à qui on avait affaire.
Ce ne sont pas des équipes faciles. On a toujours su qu’à partir de la neuvième journée, on rencontrait des équipes un peu plus « faciles ». Le niveau n’était pas extraordinairement plus élevé. Ce n’est pas étonnant que les victoires se sont suivies à partir de la neuvième journée. Jusqu’à la dernière, contre le Milo, qui me semble imbattable cette année.
Justement, comment avez-vous vécu ce match face au Milo FC ?
Je ne sais pas si les gens s’en souviennent, mais il y a deux ans déjà, j’avais pronostiqué que si le groupe restait ensemble, qu’ils pourraient être 5 fois champion défilé. C’était une très bonne équipe. Très, très, très solide. Très bien coachée. Ils vont créer des cauchemars à beaucoup d’équipes cette saison. Je ne sais pas si quelqu’un pourra les battre cette année. Après la première défaite contre la Renaissance, la première journée, je crois qu’ils sont sur 12 matchs sans défaite. L’AS kaloum aussi est invaincu toute cette saison. Mais le Milo, c’est une grosse, grosse, grosse machine.
Les résultats sont toutes logiques. Je ne suis pas particulièrement étonné qu’ils soient aussi bons. Mais encore une fois, je ne sais pas si quelqu’un va les battre cette année.
Place maintenant au mercato. À quels ajustements faut-il s’attendre ?
Les recrutements ont déjà commencé. On a déjà bouclé des signatures. On a des secteurs clairement où on a identifié des besoins. La conversation continue avec certains des intéressés. Je pense que d’ici une semaine, la plupart des nouveaux venus vont être identifiés clairement à travers un communiquer du club.
Mais bien sûr, comme vous quittez la Ligue 2, vous n’avez pas le temps de vous de vous préparer, Vous n’avez pas le temps vraiment de recruter. Il faut profiter du Mercato pour pouvoir tirer les besoins des 13 premières journées et aller chercher des jeunes, des expérimentés qui peuvent vous aider justement à combler ces lacunes. On n’attend pas beaucoup de départs pendant ce Mercato, mais on verra à quel point.
Quels secteurs sont ciblés en priorité ?
Ce qui a été communiqué clairement dans l’animation offensive. Ce n’est pas que les secteurs sont défaillants, c’est que la saison est longue. Les mêmes joueurs ont été avec nous en compétition quasiment depuis le mois d’octobre. La fatigue est énorme. Il y a des doublures à faire au niveau de l’animation offensive, au niveau du gardien de but, au niveau de l’axe central de l’équipe et surtout au niveau de la ligne offensive, parce qu’on ne marque pas vraiment beaucoup de buts.
Avec quel état d’esprit allez-vous aborder la phase retour ?
Avec la sérénité, on a encore trois matchs. Deux contre des équipes pour commencer, le Loubha et la Renaissance, qui sont juste à côté de nous côté points. Il va falloir tout faire pour recommencer une dynamique gagnante avant maintenant de recevoir les équipes contre lesquels nous avons calé en grande partie à l’entame. L’AS kaloum doit aller à Kankan, le Horoya aussi, tout ce monde là va faire le déplacement pour qu’on puisse essayer de grignoter quelques points contre eux.
Un message pour les supporters ?
C’est surtout appeler encore le public sportif à se rendre dans les stades, mais à se rendre de façon fair-play, parce que ce n’est pas toujours que nos équipes vont gagner. Il faut éviter au maximum les actes, je dirais, qui dégradent un peu le match de notre football, parce qu’on se bat pour attirer les sponsors, et les sponsors ne veulent pas… Pas seulement les sponsors, personne ne veut voir un match de football émaillé, d’incidents ou de de violence à un moment ou à un autre. Il faut que tout le monde sache raison garder pour qu’on puisse apprécier le football, l’apprécier quand on est perdant, et aussi recevoir les félicitations de façon correcte quand on est gagnant.
Que pensez-vous des polémiques autour de l’arbitrage ?
C’est vrai qu’on entend beaucoup de polémiques sur l’arbitrage et autres. C’est vrai. Je crois que, parce qu’il y a beaucoup de bruit, les autorités en sont conscientes, elles font quand même ce qu’elles peuvent pour pouvoir régler ce phénomène-là qui impacte quand même certains de nos matchs. Mais quand tout le monde semble se plaindre, ça veut dire que c’est un peu de général pour être plus spécifique à une équipe ou à des équipes. Il faut aussi féliciter les autorités de la ligue et de la fédération quand même pour avoir pu organiser le championnat sans qu’on ait de retard. On a pas eu de problèmes particuliers aujourd’hui. Cette fois-ci, en matière de calendrier, on espère que ça va bien continuer pour la deuxième phase.
Thierno Abdoul Barry pour guinee7.com
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Last modified: 12 janvier 2026





