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Football/Arbitrage : Aïssatou Kanté, une femme qui s’impose au sifflet

8 mars 2026

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée ce dimanche 8 mars, nous avons rencontré l’arbitre internationale guinéenne Aïssatou Kanté. Avec elle, il a été question de son parcours, de sa reconversion du football à l’arbitrage, des exigences de ce métier ainsi que de ses ambitions sur la scène africaine et mondiale.

Bonjour Aïssatou, pourquoi avez-vous choisi l’arbitrage ?

Bonjour, en réalité, j’ai découvert l’arbitrage un peu par hasard. J’ai aussi été encouragée par mes encadreurs, notamment Mario Bangoura qui me poussait toujours à m’intéresser à l’arbitrage.

À cette période, j’étais encore dans le football en tant que joueuse. Mais j’ai constaté que ma progression était limitée. J’avais atteint un certain niveau, mais je ne voyais plus réellement d’évolution.
C’est ainsi que j’ai décidé de me tourner vers l’arbitrage. Des amis qui étaient déjà arbitres m’ont également encouragée. Un jour, ils étaient en formation dans une salle et je leur ai promis que j’allais les rejoindre le lendemain. C’est comme cela que j’ai découvert l’arbitrage.
Le lendemain, je me suis habillée correctement et je suis venue directement suivre le stage avec les autres. C’est ainsi que tout a commencé.

Aujourd’hui, vous êtes l’une des rares arbitres féminines à diriger des matchs de championnat. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

C’est un grand plaisir et un honneur pour moi. En tant qu’ancienne joueuse, pouvoir m’intégrer dans l’arbitrage est une grande fierté. Au départ, je n’aimais pas vraiment l’arbitrage. Mais avec les encouragements que je recevais, j’ai pris le courage d’essayer. Et grâce au travail, j’ai pu m’en sortir. Aujourd’hui, je suis arbitre internationale. C’est une grande fierté pour moi.

Depuis combien de temps pratiquez-vous l’arbitrage ? Et avez-vous un match de référence ?

Cela fait presque quatre ans que je suis dans l’arbitrage. Depuis, je travaille beaucoup pour être toujours au meilleur niveau.
Je me souviens d’un match que j’ai suivi d’une arbitre qui est aujourd’hui responsable de l’arbitrage féminin à Nairobi. Ce jour-là, j’ai été très impressionnée par ses décisions et son assurance.
Je me suis dit que je voulais devenir comme elle. Même si je ne suis pas encore à ce niveau, c’est un modèle pour moi. Cela m’a motivée à travailler davantage pour progresser.

Quel est votre plus grand rêve aujourd’hui ?

Mon rêve est d’arbitrer un jour la CAN et la Coupe du Monde. C’est vraiment mon objectif. Je veux travailler dur pour atteindre ce niveau et faire parler de moi et de la Guinée à travers l’arbitrage.

Comment préparez-vous un match lorsque vous êtes désignée pour une rencontre du championnat ?

Lorsque je suis désignée pour un match, la première chose que je fais est de contacter les autres arbitres, c’est-à-dire les assistants et le quatrième arbitre.
S’ils sont à Conakry, nous pouvons nous retrouver pour préparer le match ensemble. Nous essayons aussi d’analyser les équipes qui vont s’affronter. Par exemple, si l’on me dit que Sangarédi joue contre Hafia, je vais d’abord me renseigner sur leur manière de jouer : leur niveau technique, physique, leur joueur clé et leur vitesse de jeu.
Ensuite, je me prépare en fonction de leurs tactiques, physiquement et techniquement.

Vous avez été joueuse avant de devenir arbitre. Est-ce un métier exigeant ?

Oui, bien sûr. L’arbitrage demande énormément d’efforts, mentalement, physiquement et techniquement. Il faut d’abord bien préparer son corps pour être au niveau. Et surtout quand on est une femme, on doit redoubler d’efforts. Il faut parfois se mettre au niveau physique des hommes pour pouvoir suivre le rythme du match. Donc il faut travailler beaucoup pour rester au top.

Vous avez déjà officié sur la scène africaine. Quel sentiment avez-vous lorsque vous arbitrez un match sur le continent, par exemple en Ligue des champions, en Coupe de la CAF ou en éliminatoires pour la CAN ?

Quand je suis désignée pour un match sur le continent, je me sens à l’aise. Je sais pourquoi je suis là et pourquoi j’ai été choisie. Je sais que je me suis préparée physiquement, techniquement et mentalement. Donc j’aborde le match avec confiance. Mon objectif est de prendre les bonnes décisions.

Bien sûr, dans l’arbitrage, tout le monde ne sera jamais satisfait. Il y aura toujours des contestations. Mais si tu es sûre de ta décision, tu restes sereine.

Merci beaucoup et bonne suite.

Je vous remercie pour l’opportunité

Entretien réalisé par Thierno Abdoul Barry pour guinee7.com

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Last modified: 8 mars 2026

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