
Privée de stades homologués à Conakry, la Guinée dispute ses matchs « à domicile » au Maroc, perd son avantage du terrain et voit son football national ralentir.
Stade 28 Septembre interdit : la Guinée joue ses matchs au Maroc
Conakry vit un cauchemar footballistique. Le stade du 28 Septembre, enceinte mythique de la capitale guinéenne, reste fermé. Pas homologué par la CAF. Idem pour le stade Général Lansana-Conté de Nongo. Résultat ? Le Syli National est obligé de jouer ses matchs à domicile… à l’étranger. Un paradoxe qui fait mal et qui a des conséquences directes sur les performances de l’équipe nationale. Les supporters guinéens qui suivent leur équipe via mbet rdc apk assistent impuissants à cette situation absurde qui prive le pays de son avantage à domicile.
La Guinée n’a pas participé à la CAN 2025 au Maroc. Absente pour la première fois depuis 2017. Et ce n’est pas un hasard. Quand tu ne peux pas jouer chez toi, quand tu dois disputer tes matchs de qualifications à 3000 kilomètres de ton public, forcément ça complique tout.
Un chantier qui n’avance pas
Le stade du 28 Septembre devait être rénové. Les travaux ont commencé il y a des années. Des millions ont été décaissés. On voit des ouvriers sur place, des machines qui vrombissent. Les communicants de l’entreprise en charge du projet diffusent de belles images sur les réseaux sociaux. Tout va bien, tout avance, bientôt c’est fini.
Sauf que non. La réalité du terrain, elle, raconte une autre histoire. Les travaux traînent. Les délais ne sont jamais respectés. À chaque fois qu’on annonce une date de réouverture, elle est repoussée. Fin 2024, on parlait de début 2025. Début 2025, on parle de mi-2025. Et ainsi de suite.
Mohamed Cissé, journaliste sportif guinéen, résume la situation avec amertume : « Au stade du Général Lansana-Conté de Nongo, les travaux traînent forcément parce que tout simplement les entreprises qui s’en occupent… » La phrase reste en suspens, mais tout le monde comprend. Manque de fonds ? Mauvaise gestion ? Corruption ? Incompétence ? Probablement un mélange de tout ça.
Le stade Général Lansana-Conté, lui, c’est encore pire. Financé par la Chine il y a presque vingt ans, il n’a jamais été terminé. Fermé pour rénovation, il se délabré avancé. Pelouse abandonnée, équipements vétustes, travaux à l’arrêt. Un échec retentissant. Un symbole du gâchis.
Jouer à l’étranger, un calvaire
Du coup, la Guinée n’a pas le choix. Pour ses matchs officiels, elle doit s’exiler. Pendant les qualifications pour la CAN 2025, le Syli a joué au Maroc. Au Cameroun aussi parfois. Bref, partout sauf chez elle.
Et ça change tout. L’avantage du terrain ? Perdu. Le soutien du public ? Inexistant. La familiarité avec les conditions ? Zéro. Résultat : des performances en demi-teinte. La Guinée termine troisième de son groupe avec 9 points. Elle avait besoin d’un nul lors du dernier match contre la Tanzanie pour se qualifier. Elle perd 1-0. Éliminée. Première absence en CAN depuis des années.
Mamoudou Camara, supporter du Syli, ne décolère pas : « Nous ne sommes même pas qualifiés à la Coupe d’Afrique prévue au Maroc, parce que nous n’avons joué aucun match à domicile. Je pense sincèrement que le coupable c’est l’État. Regarde le Mali, le Burkina, le Sénégal, le Tchad… Il faut qu’on se mette au travail. »
Il a raison. Tous ces pays ont des problèmes politiques, économiques, parfois pires que la Guinée. Mais ils ont des stades fonctionnels. Ils peuvent recevoir leurs adversaires chez eux. Ils ont cet avantage psychologique énorme qui fait souvent la différence.
Un problème structurel
Le drame, c’est que ce n’est pas nouveau. Ça fait des années que la Guinée galère avec ses infrastructures sportives. Le club mythique du Hafia a bien investi dans un petit stade fonctionnel, mais c’est largement insuffisant pour accueillir des matchs internationaux.
La fédération guinéenne de football se retrouve coincée. Elle n’a pas les moyens de construire elle-même un stade. Elle dépend de l’État. Et l’État, visiblement, a d’autres priorités. Ou alors il n’a tout simplement pas les fonds nécessaires.
Mamoudou Camara, encore lui, pointe du doigt le manque de volonté politique : « Avec une fédération responsable, on pouvait appuyer sur l’accélérateur auprès de l’État à travers le ministère de la Jeunesse et des Sports, afin de doter le pays ne serait-ce que d’un petit stade pour pouvoir recevoir les matchs de l’équipe nationale. »
Le problème est connu. Les solutions aussi. Mais rien ne bouge. Les responsables se renvoient la balle. Chacun accuse l’autre. Pendant ce temps, le football guinéen sombre.
Paulo Duarte face au défi
Le nouveau sélectionneur, Paulo Duarte, nommé en août 2025, hérite de ce contexte compliqué. Le Portugais a un projet ambitieux : qualifier la Guinée pour la CAN 2027, atteindre les demi-finales, placer le pays dans le top 10 africain au classement FIFA.
Mais comment y arriver sans pouvoir jouer à domicile ? Paulo Duarte le sait, son projet « Guinée 2030 » de 23 pages est beau sur le papier. Mais sur le terrain, la réalité est cruelle. En janvier 2026, il a organisé une tournée européenne pour aller chercher des binationaux (France, Belgique, Italie, Espagne). Une bonne initiative. Mais ça ne remplacera jamais un vrai stade à Conakry.
Des sites comme FIFA.com ont classé la Guinée parmi les 21 pays africains qui n’ont pas de stade homologué par la CAF. Vingt-et-un. Presque la moitié du continent. C’est dire si le problème dépasse la Guinée. Mais ça ne console personne à Conakry.
La solution existe pourtant. Il suffit de terminer les travaux. D’accélérer. De mettre les moyens. L’architecte du stade du 28 Septembre devait se rendre au Maroc récemment pour intégrer les dernières recommandations de la CAF. Bien. Mais après ? Combien de temps encore avant que le stade ne soit opérationnel ?
En attendant, le Syli National continue de s’exiler. Continue de jouer loin de son public. Continue de perdre des points bêtement. Et le football guinéen continue de stagner. Pendant que d’autres nations avancent, la Guinée recule. Tout ça à cause de stades qui ne sortent jamais de terre. Pathétique.
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Last modified: 10 mars 2026





