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Pourquoi Hadja Andrée Touré a-t-elle gardé son prénom « Andrée » ? Madifing Diané raconte

21 août 2026

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Conakry- Après le décès de Hadja Andrée Touré, son parcours continue de livrer des facettes méconnues. Lors de la cérémonie du 40ᵉ jour organisée ce vendredi aux Cases Bellevue, Madifing Diané a notamment raconté les circonstances dans lesquelles la veuve d’Ahmed Sékou Touré avait tenu à conserver son prénom de baptême, « André », malgré sa conversion à l’islam.

La mémoire de Hadja Andrée Touré a été célébrée ce vendredi 21 août 2026 aux Cases Bellevue, à la Minière, à travers une cérémonie de prières et de témoignages consacrée au 40ᵉ jour de sa disparition. Parmi les intervenants, Madifing Diané, ancien responsable du PDG-RDA et proche collaborateur d’Ahmed Sékou Touré, a choisi de revenir sur plusieurs décennies de relations avec la famille de l’ancien président guinéen.

Ayant côtoyé le couple présidentiel pendant 56 ans, de son adolescence jusqu’à l’âge adulte, Madifing Diané dit avoir connu une femme dont l’existence dépassait largement le rôle institutionnel qui lui était attribué.

Pour lui, Hadja Andrée Touré était avant tout une femme de famille, engagée aux côtés de son époux et particulièrement attachée à son foyer : «14 ans avec son mari et elle-même et 42 ans après la mort de son mari avec elle-même. Ces 56 années, c’est ma vie, de mon adolescence à ma maturité. Celle que nous accompagnons aujourd’hui définitivement, elle n’était pas pour moi une première dame de la République elle n’était qu’une ménagère, au service de son mari, de son pays et des orphelins qu’elle a eu à élever. Au-delà de tout ça, c’est une mère.»

Une femme qui aurait privilégié la simplicité

Dans son témoignage, l’ancien cadre du PDG-RDA a également insisté sur le mode de vie de la défunte. Malgré son statut de Première dame durant la première République, il affirme qu’elle aurait conservé des habitudes simples et participé activement aux tâches domestiques : « malgré qu’elle ait été une compagne fidèle dans la lutte pour la libération de ce pays, Jusqu’à la fin du régime de la première république, je vais dire aujourd’hui son nom de baptême: Elle s’appelle André du Plantier, fils de Paul-Marie du Plantier, médecin militaire de l’armée coloniale. Elle a couvé son nom. Elle a accepté une autre religion, elle a marché sur les pas de son mari, elle a cuisiné comme n’importe quelle femme de ménage. Elle a fait le linge comme n’importe quelle femme de ménage, elle a repassé, soufflé sur du bois comme n’importe quelle femme de la guerre. C’est une marque exceptionnelle de sa vie.»

Mais c’est surtout l’histoire de son prénom de baptême qui a retenu l’attention dans le récit de Madifing Diané.

Après La Mecque, la question de son prénom refait surface

Selon son témoignage, l’épisode remonte à octobre 1981, au retour du pèlerinage effectué par Hadja Andrée Touré à La Mecque. Madifing Diané affirme avoir assisté à une discussion au cours de laquelle des membres de la famille de son époux auraient souhaité qu’elle abandonne son prénom « André » : «elle a été baptisée André,j’ose dire aujourd’hui pourquoi elle a conservé ce nom. J’étais le témoin de ça. Elle a fait le pèlerinage, j’étais de ce pèlerinage le 18 octobre 1981 au retour du pèlerinage, ses belles-sœurs ont exigé d’elle qu’elle change de nom, pour prendre le nom de la mère de son époux, qui est aussi leur mère: Aminata Fadiga, paix à leur âme. Elle a résisté.»

Face au refus de l’ancienne Première dame, l’affaire aurait été portée devant Ahmed Sékou Touré. Madifing Diané, qui affirme avoir été présent au moment de cette discussion, raconte que le président avait demandé à ses sœurs de formuler directement leur requête devant son épouse : « devant sa résistance, ses belles-sœurs sont allées voir son époux pour lui exiger de demander cette faveur à son épouse, elle a été appelée J’étais présent. A cet instant, le président a exigé de ses sœurs : « Demandez-leur ce que vous lui avez demandé. » Elles ont reposé la même demande.»

« La seule chose que j’ai en lien avec mon père, c’est mon prénom, André »

C’est alors que Hadja Andrée Touré aurait expliqué directement à son mari les raisons pour lesquelles elle tenait à conserver ce prénom.

D’après Madifing Diané, elle considérait « André » comme l’un des derniers liens symboliques avec son père et avec son histoire familiale, tout en rappelant son parcours religieux et matrimonial : «cette dame, Que nous accompagnons qu’Allah la reçoive dans son paradis. Elle a regardé son mari. Je suis né catholique, j’ai été baptisé catholique, j’ai épousé la religion de ma mère dans mon adolescence. J’ai été mariée à la mosquée de Kankan. Je suis musulman. La seule chose que j’ai en lien avec mon père, c’est mon prénom, André. Je vous prie respectueusement, laissez-moi aller avec ce nom. Elle est allée avec ce nom, qu’Allah soit louée.»

À travers ce souvenir, Madifing Diané présente ainsi Hadja Andrée Touré comme une femme ayant concilié plusieurs dimensions de son identité : ses origines, son histoire familiale, sa conversion à l’islam et son engagement aux côtés d’Ahmed Sékou Touré.

Décédée le 8 juillet 2026 au Maroc, à l’âge de 92 ans, l’ancienne Première dame aura ainsi marqué l’histoire de la Guinée autant par son statut que par le parcours personnel qui l’a conduite à rester « Andrée Touré » jusqu’à la fin de sa vie.

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com 

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Last modified: 21 août 2026

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