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Drame de Dar-es-Salam : « Les autorités avaient été alertées », accuse Sékou Keita de la CONAAG

7 septembre 2026

Conakry- L’éboulement d’ordures survenu à la décharge de Dar-es-Salam pouvait être évité, selon Sékou Keita, président de la Coordination nationale des acteurs de l’assainissement de Guinée (CONAAG). Il dénonce le laxisme de l’État dans la gestion de l’assainissement en Guinée.

« C’est avec compassion que nous pensons aux riverains qui ont constamment perdu leurs proches. Ça ne vaut pas le coup de perdre une vie parce que, quelque part, les autorités ont failli à leurs responsabilités. Dar-es-Salam était une solution à l’époque où l’eau y coulait pour déverser les déchets. Mais ce n’était pas une solution à long terme. Le drame de Dar-es-Salam n’est pas une première. Nous nous rappelons qu’en 2017, il y a également eu des morts là-bas. Mais cela n’a pas servi de leçon pour que les autorités prennent des dispositions afin de trouver une solution définitive. Nous avons continué à y déverser les déchets et, malheureusement, en cette année 2026, le pire s’est reproduit », a-t-il déclaré, tout en présentant ses condoléances aux familles endeuillées, ce lundi 7 septembre 2026.

Selon lui, « nous, les acteurs qui pratiquons Dar-es-Salam tous les jours, savions que cela ne pouvait plus durer. Nous avons sonné l’alarme et alerté les autorités à plusieurs reprises, mais nous n’avons pas été écoutés. Malheureusement, le drame est survenu. Nous avions demandé aux autorités de transférer Dar-es-Salam, d’arrêter son exploitation ou, en tout cas, de trouver des solutions palliatives afin que les déchets cessent d’y être acheminés, parce que Dar-es-Salam ne pouvait plus contenir les déchets de Conakry. C’était une carrière de trois mètres de profondeur, et c’est devenu une montagne de plus de dix mètres de hauteur. »

La décharge de Dar-es-Salam fermée : une décision prise à la hâte

Malgré la fermeture de la décharge de Dar-es-Salam, Sékou Keita estime que cette décision a été prise dans la précipitation et qu’elle aurait mérité davantage de réflexion.

« Ça a été, pour moi, une décision prise à la hâte. À partir du moment où nous avions tout le temps de prendre les dispositions nécessaires pour fermer Dar-es-Salam et ouvrir un autre dépotoir, malheureusement, cela n’a pas été fait. C’est après le drame que, sous le coup de l’émotion, Dar-es-Salam a été fermé et que les acteurs ont été orientés vers Baréto-dé, qui se trouve à près de 80 kilomètres de Conakry. Cette décision a surtout été prise sans aucune mesure d’accompagnement », a-t-il dénoncé.

Et d’ajouter : « Aujourd’hui, les communes qui recevaient ces maigres subventions pour le transfert des déchets à Dar-es-Salam avaient déjà du mal, alors que le site était tout proche, à transférer convenablement toute la quantité de déchets collectés par les PME dans les points de regroupement et les zones de transit. Si vous leur demandez désormais d’envoyer les déchets jusqu’à Baréto-dé, je pense que c’est une peine perdue. Dar-es-Salam était à côté, tandis que Baréto-dé se trouve à 80 kilomètres. »

Bhoye Barry pour guinee7.com

Last modified: 7 septembre 2026

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