Ambassade de la R. de Guinée au Sénégal

CONTRIBUTION | Interdiction des sachets d’eau : pensons aussi à l’alternative

2 octobre 2026

L’interdiction des sachets plastiques d’eau répond à une urgence environnementale visible dans nos rues et nos caniveaux. Mais pour la vendeuse au marché, le mineur ou le cultivateur privés d’eau courante, le sachet était une solution quotidienne. Dans cette contribution, Abdoulaye Dabo plaide pour une alternative accessible, abordable et hygiénique.

L’interdiction des sachets plastiques d’eau est une décision que nous devons saluer. Il suffit de regarder nos rues, nos caniveaux, nos marchés et nos quartiers pour comprendre l’ampleur du problème. Ces sachets étaient devenus une véritable menace pour notre environnement et notre cadre de vie.

Mais une fois cette décision prise, une question simple mérite aussi notre attention :

Comment permettre à chacun de continuer à accéder facilement à l’eau potable ?

Car derrière le sachet que nous voulons, à juste titre, faire disparaître, il y avait aussi une réalité quotidienne.

Dans beaucoup de quartiers et de villages, l’eau ne coule pas régulièrement au robinet. Dans les marchés, les champs, les gares routières, les cérémonies, les chantiers et surtout dans les zones minières, le sachet d’eau s’était imposé, faute de mieux, comme une solution simple, individuelle et accessible.

Le supprimer est nécessaire. Mais il faut aussi penser à ce qui va le remplacer.

Beaucoup d’entre nous ont connu une autre époque. Au village, au champ ou même dans certaines familles, on transportait l’eau dans un grand bidon. Un seul gobelet pouvait servir à plusieurs personnes. Dans certaines maisons, c’était la jarre ou le seau commun. Chacun venait boire, parfois avec le même récipient.

Nous avons grandi avec ces pratiques sans forcément nous interroger sur leurs conséquences.

Aujourd’hui, nous savons que partager certains récipients en contact avec la bouche peut favoriser la transmission de certaines infections. Nous savons également qu’une eau conservée dans un bidon ou un récipient mal nettoyé, mal fermé ou mal entretenu peut perdre sa qualité.

Il ne faudrait donc pas que la disparition du sachet nous ramène progressivement vers certaines de ces anciennes pratiques.

La question mérite une attention particulière dans les mines, les marchés, les champs et les grands rassemblements, où beaucoup de personnes peuvent dépendre du même point d’eau.

Il y a également une réalité sociale à considérer.

Pour celui qui dispose de l’eau courante à domicile, qui peut acheter régulièrement de l’eau en bouteille ou s’équiper d’une gourde et d’un système de stockage approprié, l’adaptation sera relativement facile.

Mais qu’en est-il de celui qui n’a pas d’eau au robinet ?

Qu’en est-il de la vendeuse au marché, du travailleur dans une mine, du cultivateur qui passe sa journée au champ ou de la famille qui achetait quelques sachets simplement parce que c’était la solution la plus accessible à ce moment-là ?

C’est à cette population aussi qu’il faut penser.

L’alternative peut prendre plusieurs formes : des points d’eau potable sécurisés dans les marchés, les gares et les lieux très fréquentés ; des systèmes de bonbonnes réutilisables et correctement entretenues ; des contenants individuels accessibles ; des dispositifs adaptés aux mines, aux chantiers et aux cérémonies ; mais également une sensibilisation simple sur la manière de transporter et de conserver l’eau dans de bonnes conditions.

Et, à long terme, il faudra évidemment continuer à améliorer l’accès à l’eau courante.

Il ne s’agit donc pas de remettre en cause l’interdiction. Il s’agit de réussir l’après-sachet.

La réussite de cette décision ne se mesurera pas seulement au nombre de sachets qui auront disparu de nos rues. Elle se mesurera aussi à notre capacité collective à offrir une alternative accessible, abordable et hygiénique à ceux qui en dépendaient quotidiennement.

Faire disparaître le sachet, oui. Mais faisons en sorte que chaque Guinéen puisse continuer à boire de l’eau dans de bonnes conditions.

C’est ainsi que cette décision environnementale pourra devenir une véritable réussite collective.

Abdoulaye DABO lecteur de guinee7.com

 

 

Last modified: 2 octobre 2026

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