
La Banque Centrale de Guinée (BCRG) a annoncé la mise en circulation d’un nouveau billet de 20 000 francs guinéens (GNF), arguant d’un renforcement des mesures de sécurité contre la contrefaçon et d’une adaptation aux exigences économiques et écologiques. Toutefois, cette décision suscite de nombreuses interrogations, notamment sur son opportunité et ses implications réelles.
Loin d’être anodine, cette initiative intervient alors que l’institution monétaire traverse, selon plusieurs sources, une période délicate. Pour certains analystes donc, l’émission de ce nouveau billet s’apparente à une création monétaire destinée à pallier des difficultés de trésorerie. Une stratégie qui, si elle se confirmait, pourrait avoir des conséquences sur la stabilité monétaire du pays.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que de nouveaux billets de 20 000 GNF sont introduits. En 2022 (lire notre article), une émission avait eu lieu dans une relative discrétion. Le hic ? Les nouveaux billets introduits dès aujourd’hui, ne viennent pas remplacer ceux en circulation, mais bien les compléter, augmentant ainsi potentiellement la masse monétaire en circulation.
Question : s’agit-il d’un simple ajustement technique visant à moderniser les moyens de paiement, ou d’un levier économique employé pour compenser des tensions budgétaires ? Dans un contexte où l’inflation pèse déjà sur le pouvoir d’achat des citoyens, toute initiative touchant à la monnaie nationale mérite une analyse approfondie.
En l’absence d’une communication claire de la Banque Centrale sur l’impact réel de cette émission, les doutes persistent. Si l’objectif est réellement de lutter contre la contrefaçon et d’améliorer la durabilité des billets, encore faudrait-il que des explications détaillées soient fournies pour dissiper toute suspicion d’un recours dissimulé à la planche à billets.
Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com
Last modified: 2 avril 2025